La tension est montée d'un cran, ce mercredi 4 février, lors des auditions de la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public". Alors que le rapporteur, Charles Alloncle (UDR), a mis en cause le groupe Mediawan et suggéré "des liens" entretenus par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) avec cette société, ce dernier a suspendu l'audition au regard de ce qu'il a qualifié d'"accusations très graves".
C'est un vif accrochage qui illustre, en montant d'un cran, les échanges tendus qui émaillent depuis ses débuts les travaux de la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public". Ce mercredi 4 févier, son président, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a mis un terme à l'audition de quatre anciens ministres de la Culture en raison d'un échange tumultueux avec le rapporteur de l'instance, Charles Alloncle (Union des droites pour la République).
Et c'est la société Mediawan qui a été la cause de cette altercation. Alors que Charles Alloncle a qualifié le groupe fondé par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton de "société détenue en majorité capitalistiquement par un fonds d'investissement américain" et donc, selon lui, "étrangère", Jérémie Patrier-Leitus l'a accusé de se livrer à de la "désinformation".
"J'ai l'impression (...) que vous vous faites le porte-parole de Mediawan", a alors répliqué Charles Alloncle, avant d'ajouter: "Que vous ayez des liens avec des actionnaires de Mediawan, vous pourrez en répondre". Dénonçant "des accusations très graves" à son encontre, Jérémie Patrier-Leitus a suspendu la séance, alors que Charles Alloncle faisait valoir qu'il avait "encore plein de questions à poser". Et de lancer avant que les travaux ne soient bel et bien interrompus : "Mais Jérémie, franchement, qu'est-ce que tu fais, là ?"
Quelques minutes plus tard, la commission a néanmoins repris ses travaux, de façon presque normale, en passant à l'audition suivante. Charles Alloncle (UDR) a tout de même souhaité revenir sur ce qu'il a qualifié d'"incident d'une grande gravité", faisant part de sa "sidération". Il a notamment reproché au président de la commission d'enquête de lui avoir "coupé le micro" et de lui avoir fait subir "une accusation en fake news", évoquant "des soupçons sur la façon de conduire des débats (...) parfois autoritaire". Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a indiqué qu'il répondrait "très officiellement" à cette mise en cause demain, jeudi 5 février, avant l'audition de la ministre de la Culture, Rachida Dati, prévue à 9h30.