Alors que le ministre de l’Économie et des finances, Roland Lescure, a évoqué lundi une "catastrophe écologique", "sociale" et "un coup de tonnerre économique", le gouvernement veut apporter des réponses aux entreprises dont l'activité est affectée par les feux de forêts frappant la Gironde. Le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, a annoncé ce mardi qu'une réunion à cet effet serait convoquée jeudi à Bercy,
"Un coup de tonnerre économique". C'est l'expression employée lundi 27 juillet par le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, au regard des conséquences des incendies sur les acteurs locaux, et au-delà. "La mobilisation générale est présente pour cette catastrophe écologique évidemment et sociale (...), mais qui est aussi un coup de tonnerre économique qui affecte une région qui n'en avait pas besoin", a-t-il déploré, aux côtés du ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, à l'issue d'une réunion avec les acteurs économiques locaux.
Le ministre de l'Économie a indiqué que "plus de 13.000 entreprises" – dont 7.000 entreprises artisanales et 6.300 entreprises commerciales –, avaient été évacuées en Gironde et ne "pouvaient pas, évidemment, mener leur activité normale". Bercy estime en outre à environ 130.000 le nombre de salariés qui sont dans l'incapacité de travailler en raison des incendies.
Mardi, le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin. a indiqué à l'antenne de BFM TV-RMC qu'une réunion de crise serait convoquée ce jeudi à Bercy, assurant que l'État serait "aux côtés des entreprises".
Si le gouvernement a déjà annoncé la possibilité de recourir au chômage partiel, les entreprises se posent des "questions très pratiques (...) et c'est l'objet de la réunion de jeudi (...) au cours de laquelle on pourra apporter des réponses encore plus précises aux entreprises", a aussi indiqué le ministre. Il a précisé qu'"au niveau du Smic, l’État prend en charge 100% du salaire et jusqu'à 60% en montant dans les grilles salariales, avec un partage entre l’État et l'entreprise".
Sébastien Martin s'est par ailleurs dit "tout à fait ouvert" à des mesures de trésorerie, comme "des reports de charges, des reports de cotisations". Il a également fait savoir que Bercy allait plancher sur "les conditions exceptionnelles que les assureurs pourraient apporter" aux entreprises.
Concernant les conséquences économiques à plus long terme et sur l'ensemble de l'appareil productif, le ministre n'a pour l'heure pas voulu se livrer aux prévisions : "On ne va pas rajouter de la catastrophe à la catastrophe, il faudra qu'on regarde les choses calmement", a-t-il fait valoir.