Le ministre de l'Intérieur a écarté ce jeudi sur RTL l'existence d'un "stock fantôme" de dossiers de violences sexuelles sur mineurs qui n'auraient pas été transmis à la justice par les enquêteurs. Un scénario évoqué il y a quelques semaines par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, dans le sillage de l'affaire Lyhanna.
C'est un "document de travail qui n'avait pas vocation à être diffusé", et dont certains points sont contestés par Laurent Nuñez. Fin juillet, Gérald Darmanin adressait une note au ministre de l'Intérieur sur la base des remontées d'informations demandées aux parquets à la suite de l'affaire Lyhanna. Le document d'une douzaine de pages, éventé dans Le Monde, n'était pas particulièrement tendre pour les services enquêteurs : dossiers fantômes, enquêtes en souffrance, manque d'effectifs et formations lacunaires. Son contenu a provoqué un vif émoi dans la police nationale, remontée contre l'ancien locataire de Beauvau.
"C'est un document qui appelle une réponse contradictoire", a précisé ce jeudi le ministre de l'Intérieur sur RTL, qui compte bien répondre "point par point" à Gérald Darmanin par écrit. C'est avant tout la notion de "stock fantôme" qui est remise en cause. "Ce n'est pas parce que des dossiers sont dans les services de police et de gendarmerie qu'ils n'ont pas été enregistrés dans le système informatique de la justice, que ce sont des dossiers qui ont été oubliés", a pointé Laurent Nuñez.
Cet échange n'avait pas à être porté sur la place publique. Ce n'est pas normal. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, sur RTL
De la même manière, l'ancien préfet de police de Paris réfute le manque de formation des agents ou leur "manque d'implication". "Il y a un certain nombre de griefs qui sont faits aux forces de sécurité intérieure qui ne sont absolument pas légitimes", a-t-il martelé. "Je ne veux pas laisser penser qu'il y ait des dossiers qui restent en souffrance."
Interrogé sur le choix de Gérald Darmanin de faire des violences sexuelles commises sur les enfants une priorité des parquets à la suite de l’affaire Lyhanna, et de passer en revue rtll'ensemble des 88 000 procédures de violences sexuelles sur mineurs, Laurent Nuñez a prévenu que cela ne "pourrait pas durer" dans le temps. "Il y a tous les autres contentieux qu'il faut traiter."