Franchises médicales: le gouvernement renonce au doublement des plafonds initialement annoncé

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Stéphanie Rist le 23 février 2026
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 23 février 2026 - LCP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Vendredi 21 août 2026 à 10:59

Le gouvernement renonce à doubler les plafonds des franchises médicales, soit le montant maximum restant à la charge des patients. La mesure avait été annoncée fin juillet. Cela "n'a pas été compris et a pu apparaître brutal", explique dans Le Figaro la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui "travaille désormais à une réforme plus juste, fondée sur une indexation à l'inflation depuis 2005".

"Nous avons en effet largement consulté et nous avons décidé de faire évoluer notre proposition." Dans une interview au Figaro ce vendredi 21 août, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, annonce que le gouvernement renonce au doublement du plafond des franchises médicales annoncé fin juillet (on vous en parlait ici). "Les associations, les professionnels de santé, les patients nous ont dit qu'un doublement immédiat du plafond en une seule fois paraissait excessif. Nous l'avons entendu", explique-t-elle.

La mesure, prévue pour freiner la croissance des dépenses de santé, prévoyait le doublement de 100 à 200 euros par an du montant maximum des franchises payées par les assurés sociaux. Concrètement, il s'agissait, en  d'autres termes, de doubler le montant maximum que les Français peuvent être appelés à payer chaque année sur les médicaments, les consultations médicales, les transports liés aux soins et les actes paramédicaux.

Le doublement annoncé n'a pas été compris et a pu apparaître brutal. La ministre Stéphanie Rist

Cela "n'a pas été compris et a pu apparaître brutal", reconnaît la ministre, qui regrette également des "caricatures". Cette mesure avait déjà été envisagée en 2025 sous le gouvernement de François Bayrou avant d'être rejetée ; puis relancée sous Sébastien Lecornu, dans un contexte où l'exécutif cherche à multiplier les économies en vue des budgets État et Sécurité Sociale qui s'apprêtent à être discutés à l'automne.

Mais l'annonce faite en juillet avait suscité une vive opposition des associations de patients. Leur principale fédération, France Assos Santé, avait dénoncé "une erreur monumentale" qui allait "culpabiliser" les personnes vulnérables et atteintes de multiples pathologies, donc susceptibles de recourir à un grand nombre de soins. De même, plusieurs syndicats de soignants avaient critiqué le choix du gouvernement, à l'instar des médecins généralistes de MG France pour qui le doublement des franchises allait peser sur les patients "les plus malades".

Vers "une indexation" sur l'inflation

Le gouvernement a donc changé d'avis et "travaille désormais à une réforme plus juste, fondée sur une indexation à l'inflation depuis 2005", poursuit Stéphanie Rist, qui ajoute : "L'augmentation sera par conséquent nettement inférieure à celle initialement envisagée." Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé n'a pas précisé l'ampleur de cette hausse. Mais un regard sur l'inflation en donne une idée. Selon l'Insee, les prix à la consommation hors tabac et alcool ont augmenté d'un peu plus d'un tiers entre 2005 et 2025.

"Nous avons considéré qu'une correction fondée sur le coût de la vie était plus juste et plus lisible. Il vaut mieux une réforme certaine maintenant, qu'une plus hypothétique demain", indique aussi la ministre, tout en rappelant que "des économies justes et pertinentes" et des  "mesures d'efficience" étaient "nécessaires pour préserver durablement notre capacité collective à soigner".

Tout ça est un jeu de dupes (et) l'impact va être le même. Yann Le Baron, secrétaire national de l'UNSA Santé et Sociaux

Reste que certains syndicats sont d'ores et déjà méfiants. "Le doublement des franchises médicales ou l'augmentation via un calcul plus ou moins savant sur la valeur réelle de l'inflation, tout ça est un jeu de dupes (et) l'impact va être le même", avance auprès de l'AFP Yann Le Baron, secrétaire national de l'UNSA Santé et Sociaux. "Réfléchir sur l'inflation en remontant jusqu'à 2005 ne me paraît pas non plus extrêmement pertinent", a aussi réagi Gérard Raymond, le président de la principale fédération de patients, France Assos Santé.

Concernant les pistes de financement de la Sécurité sociale, Stéphane Rist estime que la TVA sociale, qui consisterait à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA sur la consommation, pour en affecter une fraction à la Sécurité sociale, n'est "pas, à elle seule, une solution suffisante" pour préserver le modèle de protection sociale.

Le budget de la Sécurité sociale 2026 prévoit une augmentation des dépenses de santé (Ondam) de 3,1%, soit 8,2 milliards d'euros en 2026.

(avec AFP)