Logement: le ministre Vincent Jeanbrun veut mettre en œuvre des "Jeux Olympiques du logement" et un "Notre-Dame de la construction"

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Vincent Jeanbrun en commission des affaires économiques, le 16 septembre 2026
Vincent Jeanbrun en commission des affaires économiques, le 16 septembre 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 16 septembre 2026 à 18:25, mis à jour le Mercredi 16 septembre 2026 à 18:30

Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté son projet de loi sur "la relance et la décentralisation du logement", ce mercredi 16 septembre, devant les députés de la commission des affaires économiques. Il a notamment appelé à "un choc de simplification" s'inspirant des modèles des Jeux Olympiques de 2024 et de la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

"La situation la pire qu'ait connu notre pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale". Tel est le constat formulé ce mercredi par Vincent Jeanbrun au regard de la crise du logement qui sévit depuis plusieurs années en France. Venu présenter son projet de loi sur "la relance et la décentralisation du logement" devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, déjà adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet dernier, le ministre a insisté sur la nécessité de "recréer un choc d'offre dans notre pays". 

Avec un objectif fixé à deux millions de logements neufs ou réhabilités d’ici à 2030, Vincent Jeanbrun a fait part de la nécessité d'actionner plusieurs leviers simultanément, à savoir l'investissement, la rénovation, la décentralisation et la simplification. Un dernier aspect qui revêt une importance particulière aux yeux du ministre de la Ville et du Logement, qui a dit son ambition de mettre en œuvre "les Jeux Olympiques du logement et le Notre-Dame de la construction". 

Mettre fin au "labyrinthe administratif" qui précède la construction 

Vincent Jeanbrun l'a martelé au cours de son audition, "il convient non plus de décourager les investisseurs et les bâtisseurs mais, au contraire, de les encourager, de leur donner des perspectives, au fond de faire ce que nous avons su faire pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris et pour les Jeux Olympiques". Et c'est "la paperasse qui précède les chantiers" que le ministre a mise en cause avant tout, évoquant "un labyrinthe administratif dans lequel on finit par étouffer les porteurs de projet". 

Le texte gouvernemental prévoit d'instaurer des "opérations d’intérêt local" à l'initiative des maires, dans les territoires où les besoins en logements sont particulièrement pressants. Le dispositif doit permettre aux maires d'identifier des "urgences à construire", et de bénéficier, après validation du préfet, de marges de manœuvre supplémentaires par rapport aux règles du PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal). L’avis conforme de l’Architecte des bâtiments de France pourra notamment être transformé en avis simple.

Plus largement, le ministre souhaite que "les procédures les plus lourdes s'effacent au profit d'une procédure resserrée", en maintenant les garanties essentielles en termes de normes de sécurité, d'accessibilité, de protection de l'environnement, ou encore de qualité architecturale, "mais en écrasant les procédures administratives qui précèdent tout cela".

Sur la préservation des espaces naturels notamment, qui pourrait être mise à mal par une politique de construction intensive et accélérée, Vincent Jeanbrun a estimé que "le meilleur moyen [de construire] c'est d'aller produire du logement là où c'est déjà artificialisé, imperméabilisé". Et le ministre de plaider pour "accélérer les mécanismes" en faveur de la reconversion des friches dites "tertiaires", à savoir issues de bureaux, sur le modèle de la transformation des friches industrielles.