Mort de Quentin à Lyon : accès à l'Assemblée suspendu pour un collaborateur de Raphaël Arnault (LFI)

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L'Assemblée nationale, à Paris.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 16 février 2026 à 12:47, mis à jour le Lundi 16 février 2026 à 12:50

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a suspendu les droits d'accès au Palais-Bourbon de l'un des collaborateurs du député Raphaël Arnault (La France insoumise), Jacques-Elie Favrot, dont le nom a été cité – sans que le parquet n'ait établi un tel lien à ce stade  dans l'agression mortelle, jeudi 12 février à Lyon, de Quentin Deranque. 

Dans un communiqué signé de son avocat, l'un des collaborateurs du député Raphaël Arnault (La France insoumise), Jacques-Elie Favrot, indiquait "se retirer de ses fonctions (...) durant le temps de l'enquête" et "se tenir à la disposition de la justice afin de faire la lumière sur ce drame". Aussi, il "démentait formellement être responsable de ce drame", la mort samedi de Quentin Deranque. Cet étudiant et militant nationaliste de 23 ans avait été victime d'une violente agression jeudi en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po à Lyon.

Ce lundi matin, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait annoncer par un communiqué avoir "décidé à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l'enquête judiciaire, de suspendre les droits d'accès" de Jacques-Elie Favrot au Palais-Bourbon. Et ce, "afin de prévenir les troubles à l'ordre public que sa présence est susceptible de susciter".

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Une conférence de presse du procureur à 16 heures

Le nom de Jacques-Elie Favrot est cité par plusieurs témoins dans l'agression mortelle du jeune militant nationaliste, sans que le parquet n'ait établi un tel lien à ce stade. Rapportant les propos d'une source proche du dossier l'AFP, évoque "une bataille rangée entre des membres de l'ultragauche et de l'ultradroite" dans les rues avoisinantes de Sciences Po.

Dans un communiqué, le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, a affirmé avoir reconnu le collaborateur de Raphaël Arnault parmi les agresseurs de Quentin, qui, selon le collectif, faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes. Jacques-Elie Favrot serait, toujours d'après Némésis, un "membre actif de la Jeune Garde". La Jeune Garde est un groupe antifasciste cofondé par le député Raphaël Arnault en 2018 et dissous en juin 2025

Samedi, l'élu du Vaucluse avait exprimé sur X "horreur et dégoût" après l'annonce de la mort de l'étudiant de 23 ans, et dit souhaiter que "toute la lumière soit faite". "La Jeune Garde ayant suspendu toutes ses activités dans l'attente d'une décision du Conseil d'Etat [contre le décret prononçant sa dissolution, Ndlr], elle ne saurait être tenue pour responsable des tragiques événements ayant eu lieu à Lyon", a pour sa part écrit le groupe dans un communiqué signé de son avocate, Me Aïnoha Pascual.

Le procureur de Lyon, Thierry Dran, tiendra une conférence de presse ce lundi à 16 heures pour faire le point sur l'enquête concernant les faits qui ont abouti à la mort de Quentin Deranque. Dimanche, le parquet avait fait état de "plusieurs témoignages significatifs" recueillis par la police dans cette enquête ouverte pour "coups mortels aggravés et de violences aggravées", et qui "s'oriente à présent sur l'identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles".

Le gouvernement accuse "l'ultragauche"

Tout au long du week-end, plusieurs membres du gouvernement ont accusé "l'ultragauche" d'être responsable de la mort de Quentin Deranque. "C'est l'ultragauche qui a tué, c'est incontestable", a affirmé dimanche le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à plusieurs médias. Le garde des Sceaux a, dans la foulée, pointé "une complaisance de La France insoumise (...) pour la violence politique" et estimé que "des discours politiques, notamment ceux de LFI, mènent malheureusement (...) à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique".

Peu après, son collègue de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a lui aussi jugé sur France 2 que "manifestement c'est l'ultragauche qui était à la manœuvre". La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé lundi sur BFMTV la "responsabilité morale" de la France insoumise dans un "climat de violence" dans le débat politique. "La France Insoumise a des liens avérés et assumés avec des groupes d'ultragauche extrêmement violents", a-t-elle ajouté.

De son côté, lors d'un meeting à Montpellier, Jean-Luc Mélenchon a exprimé dimanche la "sidération", "l'empathie" et la "compassion" des insoumis après l'agression mortelle de Quentin Deranque. "J'ai dit des dizaines de fois que nous étions hostiles et opposés à la violence", a insisté le leader LFI. "La France insoumise ne porte aucune responsabilité" dans ce drame, a aussi affirmé sur LCI le député et coordinateur national du parti, Manuel Bompard, certifiant que les membres du service d'ordre présents avec Rima Hassan "n'ont eu aucun contact avec aucun des groupes qui se trouvaient à l'extérieur".