Invitée de LCP ce lundi, Mathilde Panot a dénoncé les critiques qui visent LFI après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, tabassé en marge d'une conférence de Rima Hassan. "La manière dont ce drame est instrumentalisé est lamentable politiquement, et vise encore une fois à marginaliser le mouvement de La France insoumise", a estimé la présidente du groupe LFI à l'Assemblée.
"Cela n'a rien à voir avec nous." Invitée de "Lundi, c'est politique" ce 16 février, Mathilde Panot a démenti tout lien entre La France insoumise et la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, qui a succombé à ses blessures samedi, après avoir été passé à tabac en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon. "Je suis très choquée de la manière dont on essaie de marginaliser La France insoumise, en nous faisant peser la responsabilité", s'est émue Mathilde Panot, dénonçant l'instrumentalisation du drame. "Ni LFI, ni Rima Hassan, ni notre service d'ordre n'ont été au contact d'aucun problème", a-t-elle assuré. "Nous ne cautionnerons jamais qu'on frappe un homme à terre."
La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale s'est étonnée de l'absence d'un "dispositif policier visible" autour de l'évènement, alors même que la préfecture avait selon elle été prévenue en amont de la conférence. "Nous avons alerté depuis des années sur la manière dont nos rassemblements [...] étaient attaqués par des groupes d'extrême droite", a pointé Mathilde Panot, rappelant en outre que Rima Hassan était "multi-menacée" par l'extrême droite.
Elle a par ailleurs demandé à ce que le collectif identitaire Némésis, qui était présent à Lyon pour dénoncer la présence de Rima Hassan, soit tenu à l'écart des manifestations et des conférences organisées par LFI. "Sinon ça va mal finir", s'est-elle inquiétée. "Nous demandons à ce que nous puissions exercer notre droit démocratique normal."
Alors que le gouvernement a pointé la potentielle responsabilité du collectif antifasciste la Jeune Garde, l'élue a fait part de ses doutes. "Je ne crois pas que la Jeune Garde serait d'accord un seul moment avec les images qu'on a vues et qui sont terrifiantes", a-t-elle indiqué, tout en rappelant que le groupe avait été dissous en juin dernier - un recours a été déposé devant le Conseil d'Etat. "S'il y a des gens ex-Jeune Garde qui se trouvent [impliqués], j'appelle à ce qu'ils soient punis", a-t-elle assuré.
Raphaël Arnault, co-fondateur de la Jeune Garde, élu député LFI en juillet 2024, "n'a rien à voir" avec le drame, et a "tout à fait" sa place dans le groupe, a martelé Mathilde Panot. Le député a exprimé samedi sur X "horreur et dégoût" après la mort de l'étudiant. Son assistant parlementaire, Jacques-Elie Favrot, accusé par Némésis d'avoir été impliqué dans l’agression, a également fermement démenti. Son accès à l'Assemblée nationale a été suspendu ce lundi. Une décision "sans objet", selon Mathilde Panot, Jacques-Elie Favrot ayant d'ores et déjà annoncé renoncer à ses fonctions le temps de l'enquête.
Mathilde Panot s'attend quoi qu'il arrive à une séance de questions au gouvernement particulièrement "violente" ce mardi, avec de nombreuses interventions qui devraient viser son groupe. Pour cette raison, elle a indiqué qu'elle ne souhaitait "pas forcément" que Raphaël Arnault soit présent dans l'hémicycle. Pas en reste, les députés LFI ont également prévu d'interpeller le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.