Le candidat Édouard Philippe (Horizons) prône, dans un entretien au Figaro publié ce lundi, "une augmentation de 20% de la rémunération moyenne des enseignants" et préconise l'instauration d'une "amende de responsabilisation scolaire" pour les "parents d'enfants harceleurs, perturbateurs ou absentéistes et les parents violents".
A une semaine de la rentrée scolaire, Édouard Philippe avance des propositions pour l'école dans une interview au Figaro publiée ce lundi 24 août. Le candidat d'Horizons pour l'élection présidentielle défend notamment "une augmentation de 20% de la rémunération moyenne des enseignants" sur le quinquennat, pour la porter "au moins au niveau de la moyenne européenne, notamment en milieu de carrière". "C'est massif, mais c'est indispensable pour redonner de la dignité à leur métier", estime-t-il.
"Avec près d'un million d'élèves en moins, nous avons les moyens de continuer à réduire les effectifs dans les classes là où c'est nécessaire et de mieux rémunérer les professeurs sans dégrader les finances publiques", précise également le maire du Havre.
Édouard Philippe souhaite aussi instaurer une "amende de responsabilisation scolaire, sur le modèle de ce qui existe au Royaume-Uni" pour les "parents d'enfants harceleurs, perturbateurs ou absentéistes et les parents violents". "Le maire, sur proposition de l'équipe pédagogique, doit pouvoir sanctionner rapidement toute atteinte à la sérénité de l'école", renchérit le candidat du bloc central, qui est, dans la course à l'Élysée, en concurrence avec Gabriel Attal (Renaissance), ancien ministre de l'Éducation nationale, qui a fait de l'école l'un de ses quatre chantiers prioritaires.
L'ancien Premier ministre développe également "trois grandes priorités", à savoir "une école des savoirs fondamentaux, qui remet en son cœur le mérite et l’excellence" ; "le retour de l’autorité, de la sécurité et de la sérénité" ; et "la dignité des professeurs".
Avec "une méthode" affichée : une plus grande autonomie laissée aux établissements. "Ça veut dire pouvoir adapter l'organisation des classes, des rythmes scolaires et de la pédagogie en fonction des réalités locales". Et "les chefs d'établissements doivent avoir, beaucoup plus qu'aujourd'hui, le pouvoir de rajouter des heures d'enseignement lorsque c'est nécessaire", affirme Édouard Philippe, qui souhaite notamment laisser "les établissements qui le pensent nécessaire anticiper d'une semaine ou deux la rentrée pour les élèves qui en ont besoin, et pour qui deux mois et demi de vacances, c'est trop". Le candidat Horizons défend également "une liberté beaucoup plus grande" concernant les rythmes journalier et hebdomadaire.
Parmi les autres mesures, Édouard Philippe veut également "modifier la carrière des professeurs" et "leur permettre des évolutions, dans l'Éducation nationale ou en dehors". "Ou encore leur proposer d'autres façons d'enseigner" à partir d'un certain âge, par exemple en plus petits groupes.
A propos de l'usage de l'intelligence artificielle, il souhaite en "tirer le maximum pour aider les enseignants dans la préparation de leurs cours et la correction des devoirs", mais plaide pour une "approche par paliers" pour les élèves : "zéro IA avant le collège, puis une formation à son usage responsable et éclairé, et un soutien scolaire universel qui pourra intégrer un agent IA au lycée".
(avec AFP)