Retraites : Elisabeth Borne "convaincue que le travail parlementaire permettra d'enrichir le projet"

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par Ludovic FAU, le Lundi 23 janvier 2023 à 17:09, mis à jour le Mardi 24 janvier 2023 à 18:05

Alors que la phase législative de la réforme des retraites s'est ouverte, lundi 23 janvier, avec l'audition du ministre du Travail, Olivier Dussopt, à l'Assemblée nationale, Elisabeth Borne se dit "convaincue que le travail parlementaire permettra d'enrichir" le projet du gouvernement. La Première ministre reconnaît, par ailleurs, que le choix de présenter cette réforme dans le cadre d'un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale est une réponse préventive à une éventuelle "obstruction" lors de l'examen du texte au Parlement. 

"Je mesure pleinement ce que travailler plus longtemps signifie pour beaucoup de Français", a déclaré Elisabeth Borne, lundi 23 janvier, quelques heures après la présentation de la réforme des retraites en Conseil des ministres avant d'estimer "important de souligner que cela sera progressif" puisque "c'est en 2026 qu'on partira à 63 ans et en 2030 à 64 ans".

"Le travail parlementaire permettra d'enrichir ce projet"

S'exprimant à l'occasion de ses voeux à la presse, la Première ministre a expliqué ne pas ignorer le mouvement social de la semaine dernière, mais a affirmé que sa "responsabilité, avec le président de la République et le gouvernement, c'est de trouver un chemin, d'entendre les Français, d'expliquer et de convaincre", ajoutant que "c'est sans relâche qu'avec Olivier Dussopt, nous avons travaillé ce texte sur les retraites pour qu'il se traduise par de meilleures pensions pour les futurs retraites et un renforcement du pouvoir d'achat pour les retraites actuels, pour qu'il soit juste en identifiants celles et ceux qui ne doivent pas être soumis à la règle générale de décalage de l'âge de départ".

Et Elisabeth Borne d'assurer "que nous avons traqué les injustices jusque dans les moindre détails et construit des mesures de progrès", concluant : "Après des concertations avec les organisations syndicales, les organisations patronales et les groupes parlementaires, c'est dans l'hémicycle que le débat va maintenant se poursuivre et je suis convaincue que le travail parlementaire permettra d'enrichir ce projet". 

"Lever les obstructions et les blocages"

Après son allocution, interrogée sur le choix de présenter la réforme dans le cadre d'un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale, Elisabeth Borne a estimé en substance que ce n'est pas à l'aune du véhicule législatif choisi que les Français se feront sur les mesures proposées par le gouvernement. "Je ne pense pas que les Français qui ont à comprendre le contenu de cette réforme se préoccupent de savoir si c'est dans un PLFRSS ou dans un projet de loi ordinaire", a-t-elle indiqué. 

Tout en considérant qu'il s'agissait en l'occurrence d'un véhicule "naturel", la Première ministre a aussi reconnu la part de stratégie que comporte ce choix. "Cela fait maintenant quelques semaines, quelques mois, qu'on nous annonce une obstruction... Il se trouve que c'est aussi un type de projet de loi qui est soumis de par la Constitution à un certain nombre de règles qui peuvent permettre de lever les obstructions et les blocages", a-t-elle indiqué avant d'insister : "Je le redis, je souhaite que les débats au Parlement soient le plus transparent possible pour permettre aux Français de comparer les propositions des uns et des autres et permettre à ceux qui le veulent de contribuer à enrichir le projet. Que ce soit un PLFRSS ou un projet de loi ordinaire, le fond du sujet c'est qu'est-ce qu'on veut pour l'avenir de notre système de retraite par répartition". 

"Je n'ai pas de doute que la majorité est unie"

Concernant la cohésion et l'unité de la coalition présidentielle sur cette réforme des retraites, alors que des députés de la majorité estiment que le projet du gouvernement doit encore être travaillé, Elisabeth Borne a considéré qu'il est "bien normal (...) et parfaitement naturel que les parlementaires posent des questions", ajoutant qu'elle et Olivier Dussopt auront l'occasion "d'échanger avec eux et de voir dans quelle mesure leurs propositions permettent d'enrichir le texte".

"Je n'ai pas de doute que la majorité est unie pour porter la nécessité d'une réforme pour assurer l'avenir d'un système de retraite par répartition", a assuré la Première ministre qui a profité de l'occasion pour opposer une fin de non-recevoir à la proposition des députés MoDem d'augmenter la semaine de travail d'une demi-heure, à 35,5 heures, pour dégager des ressources. Le gouvernement n'a "aucune intention d'ouvrir un débat sur les 35 heures", a indiqué Elisabeth Borne.