Xenia Fedorova: le recours de la chroniqueuse russe contre son arrêté d’expulsion et le gel de ses avoirs rejeté par la justice

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Xenia Fedorova
Xenia Fedorova en 2025 (XAVIER GALIANA / AFP)
par Soizic BONVARLET, le Lundi 3 août 2026 à 13:31, mis à jour le Lundi 3 août 2026 à 13:32

Faute d’avoir pu démontrer une "extrême urgence", le tribunal administratif de Paris a rejeté, lundi 3 août, le recours en référé-liberté de Xenia Fedorova contre son expulsion du territoire et le gel de ses avoirs. L'ex-dirigeante de RT France s'était vue notifier mercredi dernier un arrêté d'expulsion ministériel au nom d'un comportement qui "porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État".

Xenia Fedorova, assignée à résidence depuis le 29 juillet dernier, n’a exposé "aucun besoin de sortir du territoire parisien" et s’est limitée "à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui caus[ait] une gêne", a rapporté ce lundi le tribunal administratif de Paris dans un communiqué. En conséquence, "le juge des référés [ayant] estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue"le recours de la chroniqueuse russe est rejeté. 

L'avocat de la chroniqueuse, Emmanuel Piwnica, a fait part auprès de l'AFP de son "très grand regret", affirmant "poursuivre pour contester les décisions".

"Ingérence" et "désinformation"

"En déployant ses narratifs", l'ancienne patronne de Russia Today (RT) en France "s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" dans le but "de déstabiliser l'ordre public", était-il stipulé dans l'arrêté du ministère de l'Intérieur rendu public mercredi dernier, visant à expulser Xenia Fedorova du territoire français. 

Vendredi, le gouvernement avait pris une mesure complémentaire en gelant pour six mois les avoirs de la chroniqueuse qui officie dans les médias du groupe Bolloré, afin de prévenir la commission de "nouveaux actes d'ingérence", selon les termes du ministère de l’Économie et des Finances.

>>> À lire aussi : Le gouvernement gèle les avoirs de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, qui dénonce "une pression politique"

L'intéressée avait réagi sur X le 31 juillet en dénonçant "une forme entièrement nouvelle de pression politique ayant un seul objectif, la censure des opinions qui ne correspondent pas au discours officiel". Elle avait aussi évoqué "le terrain d'une 'russophobie publiquement admise' (...) préparé depuis plusieurs années".

Le tribunal administratif a rappelé que le rejet du recours de la chroniqueuse russe "ne fait obstacle ni à ce que Madame Fedorova saisisse à nouveau le juge des référés libertés en explicitant les circonstances particulières de sa situation (...), ni à ce qu'elle saisisse le juge des référés suspension".

(Avec AFP)