En plein Mondial, la suspension par la Fifa du carton rouge infligé à l'attaquant américain Folarin Balogun, après intervention du président des États-Unis, Donald Trump, suscite un tollé mondial bien au-delà de la sphère du football. Ce lundi 6 juillet, plusieurs responsables politiques français ont dénoncé cette décision.
Depuis la déclaration surprise de la Fifa, c'est une levée de boucliers généralisée. Dimanche 5 juillet, la Fédération internationale de football, qui organise la Coupe du monde, a annoncé la suspension du carton rouge de Folarin Balogun, reçu lors du 16e de finale face à la Bosnie-Herzégovine. Ouvrant ainsi la voie à la participation du meilleur buteur de la sélection américaine dans la compétition au 8e de finale contre la Belgique, qui se tiendra ce lundi à Seattle.
Quelques heures plus tard, le New York Times révélait que Donald Trump avait lui-même appelé le président de la Fédération internationale, Gianni Infantino, pour lui demander le réexamen de la sanction. "Merci à la Fifa d'avoir fait ce qu'il fallait et d'avoir réparé une grande injustice !", s'est félicité le locataire de la Maison-Blanche sur sa plateforme Truth Social, dans la foulée de l'annonce. De quoi provoquer un tollé au sein du monde du football, dans la presse internationale, et jusqu'au niveau politique.
C'est un "scandale politique", a dénoncé ce lundi Raphaël Glucksmann (Place publique) sur X. "Trump agit en parrain et la Fifa en serpillère", a cinglé le probable candidat à l'élection présidentielle. Et d'ajouter : "En 1998, quand Zidane a raté le 8e, Chirac n’a pas fait annuler sa suspension. L’extrême-droite au pouvoir, c’est le mépris de la justice partout, jusque sur les terrains de foot."
Plusieurs députés se sont également indignés de la manœuvre. Cette suspension du carton rouge "serait anecdotique si elle n’était pas l’ultime témoignage du pourrissement de cette instance incarnée par l’ignoble Gianni Infantino", a cinglé Sacha Houlié (apparenté au groupe des Socialistes). En décembre 2025, le dirigeant de la Fifa avait remis à Donald Trump un "prix de la paix" qui avait déjà fait polémique, en plein conflit au Moyen-Orient. "La Fifa est tellement vérolée de trumpisme qu'elle annule la suspension d'un joueur US (Folarin Balogun)... sur simple coup de fil du président étasunien", s'est estomaqué Hadrien Clouet (La France insoumise).
Ancien député, Julien Aubert (Les républicains) estime que Donald Trump "ferait mieux de trouver des solutions aux problèmes qu’il cause". "Il y a tellement d’influences non sportives qu’on en oublie que la beauté du sport, ce sont ses valeurs", complète le vice-président du parti de droite. Pour sa part, la sénatrice Corinne Narassiguin (Parti socialiste) dénonce une "entreprise de destruction du football". "Ce sport le plus populaire du monde est depuis trop longtemps prisonnier des logiques financières. Maintenant il est aussi éhontément miné par la corruption politique", déplore-t-elle.
"C’est une honte pour le monde du football", renchérit l'eurodéputée Chloé Ridel (Parti socialiste) sur le réseau social Bluesky, avant d'interroger : "Comment voulez-vous que les citoyens respectent le politique quand ils voient que les puissants peuvent s’affranchir de toutes les règles, même celles du sport ?"