Affaire Lyhanna et défaillances judiciaires: qui propose quoi?

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Lyhanna, Image d'illustration - AFP
par Soizic BONVARLET, le Lundi 8 juin 2026 à 12:10, mis à jour le Lundi 8 juin 2026 à 12:41

Après l'émotion suscitée par la mort de Lyhanna, 11 ans, l’heure est à la recherche de solutions pour remédier aux failles du système judiciaire, qui auraient notamment conduit à un défaut de suivi du suspect. Outre les nombreuses réactions politiques, plusieurs candidats à l'élection présidentielle se sont emparés du sujet. Et une conférence de presse aura lieu, ce lundi 8 juin, à l'Assemblée nationale pour réclamer une "loi intégrale visant à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants". 

Après le drame survenu à Fleurance (Gers) et le choc provoqué par les révélations sur les antécédents du suspect, Jérôme Barella, nombreuses sont les propositions pour tenter de remédier aux dysfonctionnements de la justice considérés comme étant, au moins en partie, responsables de la mort tragique de Lyhanna.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a notamment ordonné le réexamen de 70 000 plaintes après la mort de la collégienne de 11 ans. Ce lundi à 14h30, des députés de différents groupes politiques vont tenir une conférence de presse, ouverte par la présidente de l'Assemblée nationale, pour demander une "loi intégrale visant à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants". Et ces derniers jours, plusieurs candidats déclarés à la prochaine élection présidentielle ont également fait part de leurs propositions. 

Bruno Retailleau veut instaurer "une cour disciplinaire de la magistrature"

Pointant les défaillances de la justice et estimant que "les mécanismes de sanction des magistrats ne fonctionnent pas", le président des Républicains a proposé samedi dans les colonnes du Parisien de créer "une cour disciplinaire de la magistrature", qui serait en mesure de prononcer des sanctions en lieu et place de l’actuel Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Considérant que le CSM, de par sa nature "corporatiste", s'avère trop peu punitif, l'ancien ministre de l'Intérieur souhaite qu'"un collège de citoyens, désigné par tirage au sort" siège "aux côtés de magistrats et de personnalités qualifiées". Cette instance pourra être saisie "par les citoyens, les supérieurs hiérarchiques des magistrats en cause ou le ministre de la Justice", a précisé Bruno Retailleau. 

Édouard Philippe pour l'application d'un "principe de précaution"

Le maire du Havre a réagi sur X dès le 4 juin, disant prendre la parole "comme citoyen et comme père". "Quand la parole d’un enfant est recueillie ou signalée, pourquoi toute la chaîne de l’État ne se met-elle pas immédiatement en alerte ?", s'est aussi interrogé le chef de file d'Horizons.

L'ancien Premier ministre souhaite aussi instaurer "un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants", en donnant une "priorité absolue aux plaintes des enfants et aux signalements, coordination des services, accélération des procédures dans les enquêtes et les délais d’audiences, responsabilités clairement établies en cas de défaillance".

Dominique de Villepin défend l'idée d'un parquet spécialisé

Sur le modèle du terrorisme et du crime organisé, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a, pour sa part, préconisé dimanche sur le plateau de BFMTV que soit créé "un parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants". Pour lui, la mort de Lyhanna est liée à "une multitude de défaillances" et constitue "un scandale d'État dans sa globalité".

La création d’un tel parquet aurait pour but de "fournir un appui et des ressources à des procureurs référents locaux (…), avec des moyens spécifiques notamment en termes de formation", ainsi que de "suivre directement les affaires de réseaux ou à risque de sérialité et d’itinérance criminelle", a précisé l'entourage de Dominique de Villepin à l’AFP. Au-delà d'un parquet dédié, celui qui se prépare pour 2027 appelle à faire de la question des violences faites aux femmes et aux enfants, une "urgence nationale".

Jean-Luc Mélenchon réclame "une loi globale"

Le candidat de La France insoumise l'a réitéré lors de son meeting à Saint-Denis dimanche, il souhaite "une loi globale contre la pédocriminalité et les féminicides". Jean-Luc Mélenchon a également estimé que "les coupes budgétaires alimentent le crime quand manquent de moyens la justice et la police judiciaire".

Mathilde Panot, qui préside le groupe LFI à l'Assemblée nationale, a pour sa part réclamé dimanche soir sur LCI le départ de Gérald Darmanin du ministère de la Justice. "Il doit démissionner", a-t-elle aussi estimé, reprochant à l'actuel garde des Sceaux d'avoir enclenché une "clochardisation de la justice" en réduisant ses moyens "année après année".