Auditionné à l'Assemblée ce mercredi 10 juin, le général Patrick Touak, chef du commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace, a appelé à ce que les policiers et gendarmes puissent davantage faire usage de la reconnaissance faciale dans certains cas précis.
"Le cadre règlementaire nous empêche parfois de profiter des technologies." Lors d'une audition à l'Assemblée nationale, le général de division Patrick Touak, chef du commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace, a appelé les députés à réfléchir à des évolutions législatives sur l'usage de la reconaissance faciale, très encadrée.
Et en premier lieu dans le cadre d'une alerte enlèvement. Ce dispositif, enclenché par le procureur, vise à envoyer de façon massive à la population un message en cas d’enlèvement avéré d’enfant, via divers canaux médiatiques. Lancé en 2006, "il a prouvé son efficacité", a expliqué Patrick Touak. Selon le ministère de la Justice, le plan alerte enlèvement a été déclenché à 37 reprises (au 21 février 2026), et a permis que 38 enfants soient retrouvés vivants.
"Soit parce que la photo de l'enfant, soit parce que celle du kidnappeur a été mise sur les écrans de télévision", a rappelé le chef du "ComCyber-MI". Tout en soulignant que le dispositif pourrait être encore plus efficace, via l'usage de la reconnaissance faciale, étant donné que les services disposent de photographies du kidnappeur ou de l'enfant. "Si cette personne passe devant une caméra, [...] l'intelligence artificielle nous permettrait de protéger ces enfants", a soutenu le gendarme.
Autre cas évoqué par Patrick Touak, celui des contrôles d'identité, "lorsque les gens ne donnent pas de papiers, lorsqu'il y a des attroupements par exemple". Selon une enquête du média d'investigation Disclose, la reconnaissance faciale serait utilisée "à grande échelle" par les policiers et gendarmes, en dehors de tout cadre légal, en particulier lors des contrôles d'identité. "Ce dispositif existe, mais uniquement dans un cadre judiciaire et pas dans un cadre administratif", a rappelé le gendarme.
"Certains policiers ont utilisé la reconnaissance faciale dans un cadre qui n'était pas prévu à ce stade", a-t-il déclaré devant les élus de la commission de la défense. "Il serait utile là-aussi, dans le but de protéger la population, de bénéficier de ces nouvelles technologies", a estimé le général de division. "Vous avez des gens en face de vous qui n'ont pas de documents d'identité et vous voulez savoir qui c'est. Si ça se trouve, ils sont recherchés."