Face à l'envolée des prix du carburant et aux critiques des oppositions, le ministre de l'Action et des Comptes publics a démenti que l’État profiterait de la crise. "Il n'y a pas de cagnotte quand on a un déficit à 5,1 % du PIB et quand on affronte une hausse massive des prix de l'énergie", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, à la sortie de Matignon ce mercredi.
Confronté à la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement doit aussi faire face aux critiques des oppositions qui accusent l'Etat d'engranger mécaniquement des recettes supplémentaires. La proposition de Sébastien Lecornu d'utiliser le "surplus" des recettes fiscales récupérées pour décarboner l'économie a remis une pièce dans la machine.
"Je croyais qu'il n'y avait pas de surplus", a ironisé Marine Le Pen depuis Villepinte (Seine-Saint-Denis), dénonçant le "mensonge" du gouvernement à même de créer "une ambiance de défiance massive dans l'opinion publique". "La première des choses à faire quand on a un surplus [...], c'est d'y renoncer en baissant la TVA et les taxes sur les carburants", a martelé la patronne des députés du Rassemblement national.
"Les éventuels suppléments de recettes issus de la TVA sont compensés négativement par la baisse de la croissance, de la consommation et la hausse des taux", a rétorqué quelques instants plus tard la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l'issue d'une réunion à Matignon. "Il n'y a pas de cagnotte quand on a un déficit à 5,1 % du PIB et quand on affronte une hausse massive des prix de l'énergie", a insisté David Amiel, le ministre de l'Action et des comptes publics.
Promettant de faire toute transparence en la matière, dès lors que les remontées de TVA du mois de mars auront été consolidées, Maud Bregeon a déjà affirmé que cette somme ne se comptait pas "en milliards", contrairement à ce qu'avait pu soutenir ce mercredi matin le député LR Laurent Wauquiez sur France 2.
Nous ne pourrons pas verser une pluie de milliards d'euros chaque année, dont nous n'avons pas le début d'un centime. David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics
Selon les deux ministres, un quelconque delta devra quoi qu'il en soit être utilisé pour protéger les Français à long terme. "On a besoin de préparer le pays aux crises d'après", a soutenu la porte-parole du gouvernement, écartant toujours, à ce stade, des mesures généralisées d'aides à la pompe pour les consommateurs. A ce stade, une enveloppe de 70 millions d'euros a été débloquée pour les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs. "On ne s'interdit pas d'éventuelles mesures de soutien dans les jours à venir concernant d'autres professions", a confié Maud Bregeon, citant les infirmiers et les aide-soignants.
L'objectif du gouvernement est donc de protéger les Français face aux futurs chocs géopolitiques. Revenant sur l'annonce de Sébastien Lecornu, Maud Bregeon a affirmé que le plan d'électrification n'était pas une surprise, mais qu'il avait été annoncé il y a quelques semaines. Ce plan doit être détaillé la semaine prochaine, a précisé la porte-parole du gouvernement, jugeant qu'il doit permettre de sortir la France de son "immense vulnérabilité" et de sa dépendance à l’importation d'hydrocarbures.
Dernier axe défendu par le gouvernement : la "sobriété". "On ne sait pas de quoi sera fait ce conflit" à l'avenir, a soutenu Maud Bregeon. "Il n'y a pas de problème d'approvisionnement aujourd'hui. Pour autant, nous devons être prêts", a-t-elle souligné, jugeant que "l’État doit être en première ligne". Sur ce point, pas d'annonce gouvernementale précise. "Chaque ministre doit réfléchir à des mesures sectorielles."