Vincent Jeanbrun, était l'invité ce 29 juin de Lundi c'est politique, sur LCP. Le ministre de la Ville et du Logement a présenté les évolutions de MaPrimeRenov', qui devra prendre en compte la capacité des travaux à réduire la chaleur du logement et qui ne remboursera presque plus de rénovation par geste, pour favoriser les rénovations globales.
Les rénovations devront-elles désormais protéger les logements du froid mais aussi des chaleurs excessives ? Ce 29 juin, Vincent Jeanbrun était l'invité de Lundi c'est politique sur LCP. Le ministre de la Ville et du Logement a présenté les évolutions de MaPrimeRenov' : "On fait le choix et le pari de renforcer le financement de l'isolation globale et de la rénovation globale et on finance un peu moins le 'mono-geste'", a-t-il expliqué.
MaPrimeRenov' permettra toujours le remboursement en "mono-geste" des "pompes à chaleur réversibles" mais d'autres types de travaux ne seront plus remboursés : il s'agira notamment, selon l'AFP, de l'installation de poêles à bois ou à granulés, de chauffe-eau et chauffages solaires (sauf en Outre-mer), de pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire, de systèmes de ventilation, ainsi que les travaux d'isolation des toits, des combles et le changement des fenêtres.
L'ensemble de ces travaux seront toujours subventionnés dès lors qu'ils seront compris dans un plan de rénovation globale : "L'idée c'est de dire que quand on fait des travaux dans un logement, on rénove de fond en comble", a précisé ce lundi Vincent Jeanbrun. Face à un coût qui risque d'être élevé, le ministre souhaite proposer à terme un "parcours de rénovation qui permettrait de phaser", c'est-à-dire de ne pas "tout faire la première année" afin d'"étaler le paiement".
"Le but c'est qu'à la fin, le logement ne soit plus une passoire thermique, plus une bouilloire thermique", a ajouté Vincent Jeanbrun. Le ministre veut donc "impérativement" changer les critères permettant d'accéder aux aides publiques. "Il est essentiel que le confort d'été soit mis au même niveau que le confort d'hiver", a-t-il affirmé, précisant que les travaux devront prendre en compte les deux dimensions. Vincent Jeanbrun explique qu'il intégrera ce changement "dans le règlement de l'agence qui gère MaPrimeRenov'".
Le ministre du Logement n'est en revanche pas favorable à une réduction des loyers pour les logements qui sont des bouilloires thermiques : "Ce qui m'intéresse, c'est qu'on soit dans le positif, c'est-à-dire qu'on donne envie aux propriétaires de rénover les logements", a expliqué Vincent Jeanbrun. Le ministre ne souhaite pas non plus obliger les propriétaires à fournir des climatisations à leurs locataires : "On ne peut pas demander aux propriétaires d'installer la climatisation dans le cadre d'une canicule exceptionnelle."
Par ailleurs, la future loi "visant la relance et la décentralisation du logement", dont l'examen doit débuter en juillet au Sénat, prévoit de remettre en location les 700 000 logements dont le diagnostic de performance énergétique est classé F et G : cette location sera permise si le propriétaire s'engage à faire des travaux via la signature d'un contrat avec une entreprise attestant d'un projet de rénovation et le versement d'un acompte. "Le sujet n'est pas de les remettre à la location pour les remettre à la location, c'est [de savoir] comment on fait en sorte que réellement ils soient rénovés", a commenté Vincent Jeanbrun, qui défend une mesure qui permettra selon lui de réduire la tension sur l'accès au logement.