Avec la canicule qui frappe la France, plusieurs propositions ont été avancées cette semaine par les responsables politiques. Si la droite mise plutôt sur la climatisation et la gauche sur l’adaptation, qui défend quoi ? LCP fait le point.
Alors que 72 départements étaient placés en vigilance rouge ce jeudi 25 juin, nombreux sont ceux, à droite comme à gauche, qui ont dénoncé ces derniers jours l'impréparation du gouvernement face à ce long épisode caniculaire. Chacun avançant les propositions qu'il mettra en œuvre en cas d'arrivée au pouvoir.
Deux propositions ont fait débat : la nécessité d'un plan massif de climatisation défendu par le Rassemblement national et la mise en place d'un "congé climatique" souhaité par les écologistes. LCP fait le point.
Face à cette vague de chaleur, Marine Le Pen (RN) a ressorti son "grand plan d'équipement pour la climatisation", évoqué pour la première fois dans un long message sur X l'année dernière à la même période. "Le gouvernement est là pour impulser une direction, prendre une décision – oui ou non, à la climatisation – […] et impulser la mise en œuvre de cette décision. Ce n’est pas plus que ça qu’on leur demande", a-t-elle déclaré vendredi dernier en visite au salon VivaTech, estimant que c'est "une décision de santé publique". Un plan qui n'a, pour l'heure, pas été détaillé, mais pourrait l'être prochainement, selon Jean-Philippe Tanguy.
En plus du plan "100% rénov" dédié à l'isolation des bâtiments, via un dispositif de "prêts à taux zéro" qui serait "provisionné à hauteur de 20 milliards" d'euros, le député l'évalue à 40 milliards supplémentaires, moitié pour climatiser les écoles, maisons de retraite et autres bâtiments publics, moitié pour aider les particuliers à s'équiper.
"Climatiser la France c'est sauver notre économie", estime également leur allié de l'UDR, Eric Ciotti, qui avait déposé en juillet 2025 une proposition de loi visant à rendre obligatoire la climatisation dans "les espaces publics prioritaires", comme les écoles et les Ehpad.
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Reconnaissant que la climatisation "est devenue nécessaire", mais qu'elle "ne règlera pas tout", l'écologiste Marine Tondelier a affiché la nécessité pour la France de "combiner l'atténuation" et "l'adaptation". "Quand vous aurez des pics à 45, 50 degrés, vous n'allez pas vous balader avec un climatiseur portable autour du cou", ni climatiser "toutes les vaches et les salades" qui souffriront de la chaleur, a-t-elle critiqué, sur BFMTV.
Son parti défend l'instauration d'un "congé climatique" allant jusqu'à cinq jours par an. Et ce, "pour permettre à chacun(e) de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école liée au climat, sans perte de revenus", écrivent les écologistes dans une pétition lancée à ce sujet. Une proposition de loi en ce sens sera aussi déposée d'ici la mi-juillet à l'Assemblée nationale par le député Damien Girard.
Parmi les autres mesures d'adaptation au changement climatique, Marine Tondelier a souligné que les villes écologistes mettaient en place la gratuité des piscines, l'ouverture gratuite des musées climatisés et "la règle des 300/30/3" – qui promet un parc à 300 mètres de chez soi, 30% de couvert végétal n'importe où dans sa ville, et trois arbres visibles depuis sa fenêtre. A l'Assemblée nationale, le groupe Écologiste a distribué un fascicule reprenant l'ensemble de ses propositions pour "(sur)vivre l'été". "Parce que s'adapter, ce n'est pas subir : c'est décider, investir, protéger. Et parce que celles et ceux qui n'ont pas les moyens de fuir la chaleur ou de se payer la climatisation n'ont pas le luxe d'attendre", écrit la présidente Cyrielle Chatelain.
Leur plan d'adaptation est chiffré à sept milliards par an "au moins pendant les sept prochaines années".
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La France insoumise a également présenté cette semaine son "plan d'urgence d'adaptation à la canicule". "Les morts de la canicule ne sont pas une fatalité. Ils sont le bilan d'un échec politique", peut-on y lire. Parmi les propositions : un "droit de retrait climatique pour les travailleurs", un "congé climatique pour les parents d'élèves", la fin des bouilloires thermiques et un plan massif de rénovation thermique des logements. "Il faut des plans et une planification et des financements dédiés, alloués, stables", a exhorté le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard sur RTL.
Autre proposition insoumise, figurant dans le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, la restructuration des régions administratives françaises qui seront "dédiées à la bifurcation écologique". La semaine dernière, lors d’une conférence devant des militants, il a précisé son propos : "Les actuelles régions seront dissoutes, nous en créerons d'autres". Elles seront organisées "autour de l'objectif écologique, c'est-à-dire l'eau, la terre, l'air et les maladies qui résultent des maltraitances écologiques que nous faisons subir".
De son côté, la députée socialiste Mélanie Thomin a également exhorté à ne pas "repousser à l'infini" l'investissement "pour la transition écologique et l'adaptation au changement climatique".
Sur les réseaux sociaux, le quasi candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann (Place publique) promet ce jeudi un "grand plan de rénovation thermique et d'adaptation" des écoles, qu'un "État digne de ce nom" devrait lancer "maintenant". Il liste aussi une série de mesures à mettre en place, comme "rénover massivement les logements et les bâtiments publics, végétaliser les villes", ou encore "créer comme en Finlande une institution centralisée de préparation aux chocs et catastrophes, et mettre en place l'équivalent de la loi de programmation militaire pour la transformation écologique".
D'autres sont restés plus discrets sur le sujet ces derniers jours. Dans une interview à La Tribune dimanche, Edouard Philippe (Horizons) a déclaré que la France n'en faisait "pas assez s'agissant de la gestion, de la réutilisation et du stockage de l'eau". "Nous allons devoir adapter nos villes, nos loisirs, nos rythmes, notre façon de produire et de vivre", estime aussi le candidat, sans donner davantage de détails.
Ce jeudi, son concurrent du bloc central Gabriel Attal a, lui, annoncé vouloir doubler dès 2027 les investissements consacrés à la géoénergie afin de "développer massivement" son usage pour chauffer et rafraîchir les bâtiments, lors d'un déplacement au siège d'Optic 2000 à Clamart (Hauts-de-Seine). "Il faut que la géoénergie, après le nucléaire lancé par le général de Gaulle, devienne le grand projet énergétique de la France au XXIe siècle", a insisté le candidat de Renaissance.
"Ça ferait 160 millions d'euros dans l'année et cela sans augmenter la dépense publique puisqu'il y a une enveloppe aujourd'hui qui est en partie dédiée à la géoénergie mais qui n'est pas consommée pour ça, puisqu'elle est beaucoup tournée par exemple sur la biomasse", a expliqué l'ancien Premier ministre.
Lors de son meeting samedi dernier, tenu pourtant en pleine canicule, Bruno Retailleau (Les Républicains) n'a pas évoqué le changement climatique, se contentant de plaider en faveur d'une écologie de droite qui ne punira pas".
Mardi, il a dénoncé sur X "le discours arriéré" de la gauche, parlant d'une "écologie décroissante". Invité de LCI mercredi soir, le candidat a dénoncé une "impréparation totale" du gouvernement à la situation et affirmé que s'il était président de la République, il porterait un "plan énergétique" avec trois objectifs : "une électricité décarbonée, bon marché et souveraine".