Face aux canicules, la climatisation devient un nouveau champ de bataille politique

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Une façade d'immeuble à Paris Flickr
Une façade d'immeuble à Paris (© Flickr)
par Soizic BONVARLET, le Lundi 22 juin 2026 à 17:10

Alors que la France et ses infrastructures ne sont encore que partiellement équipées en matière de climatisation, certaines personnalités politiques en font la priorité numéro un pour s'adapater au changement climatique. Quand d'autres rappellent que si elle s'avèrent parfois indispensable, sa massification contribue au réchauffement global.

Solution-miracle ou facteur aggravant du réchauffement climatique ? Alors que la France s'apprête à connaître un niveau record de canicule, les politiques n'ont pas fini de s'affronter sur le bien-fondé de la climatisation.

"La question ce n'est pas pour ou contre la climatisation, c'est pour ou contre la généralisation totale de la climatisation", a estimé le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, sur le plateau du Grand Jury dimanche. "Il faut climatiser en priorité les Ehpad, les hôpitaux, les écoles qui accueillent des personnes vulnérables. Mais on ne peut pas faire comme si on ne savait pas que la climatisation renforce la chaleur dans les villes et rejette des gaz dans l'atmosphère beaucoup plus réchauffants que le CO2", a aussi fait valoir le député avant de conclure qu'"en mettre partout aggraverait le problème qu'on prétend résoudre".

Si je suis élue présidente de la République, je mettrai en place un plan massif de climatisation. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale

Des propos en ligne avec ceux du candidat insoumis à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, qui en visite au salon Vivatech vendredi dernier, avait estimé que "climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts". Une réaction aux propos de Marine Le Pen tenus un peu plus tôt dans les allées du même salon, la patronne des députés du Rassemblement national ayant considéré que la climatisation constituait "une question de santé publique". "Si je suis élue présidente de la République, je mettrai en place un plan massif de climatisation", a-t-elle aussi indiqué après avoir fustigé les "hésitations" du gouvernement.

Clim' et écologie, la fin d'un tabou ?

"La climatisation ne doit pas être taboue alors qu'on a une énergie décarbonée grâce au nucléaire", a pour sa part estimé ce lundi sur RMC le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, renvoyant au passage dos-à-dos La France insoumise et le Rassemblement national. Il répondait en particulier aux propos de Manuel Bompard accusant le gouvernement de "redécouvrir" le sujet du changement climatique "à chaque canicule".

"On a fait trois plans d'adaptation au changement climatique, on maintient des niveaux de financement sur le fonds chaleur pour développer des réseaux de chaud et froid dans les villes (...) Et depuis 2022, Monsieur Bompard propose de censurer tous ces budgets qui auraient permis cela. Et monsieur Bompard avec ses alliés du RN ont proposé de censurer la programmation pluriannuelle de l'énergie présentée par le Premier ministre", a aussi fait valoir Mathieu Lefèvre.

Il y a des endroits où on ne peut plus se passer de clim'. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes.

La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a quant à elle réagi dimanche sur LCI au "plan massif" proposé par Marine Le Pen, estimant que la climatisation ne devait être "ni un tabou, ni une réponse à tout", mais admettant qu'"il y a des endroits où on ne peut plus se passer de clim'". "Si vous climatisez des logements qui ne sont pas isolés, vous n'allez pas très loin", a-t-elle cependant nuancé avant de considérer que la position du RN n'était "pas crédible sur le climat".

Invité de franceinfo ce lundi matin, l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire a estimé que "le pire des maux, c'est que nous ayons les plus fragiles de nos compatriotes qui soient [encore plus] fragilisés et qui risquent de mourir à cause du réchauffement climatique", et plaidé pour "un très grand pragmatisme" face aux épisodes de chaleur. Il s'est ainsi dit "favorable à la climatisation", dénonçant un débat "idéologique" sur le sujet.

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Du côté de l'ancienne famille politique de Bruno Le Maire, et donc du parti Les Républicains, la climatisation ou plus largement, l'adaptation au changement climatique n'est toujours pas le sujet numéro un du moment. "Merci d’avoir bravé la canicule", s'est simplement exclamé le président et candidat du parti, Bruno Retailleau, face à ses militants lors de son meeting au Parc floral de Paris, samedi dernier. La salle où il a tenu son discours était cependant climatisée.