La canicule "souligne l'inadaptation" du Louvre, estime le nouveau président du musée, Christophe Leribault

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Le musée du Louvre (© Jon Luty / Public Domain Pictures)
Le musée du Louvre (© Jon Luty / Public Domain Pictures)
par Raphaël Marchal, le Mardi 23 juin 2026 à 19:54, mis à jour le Mardi 23 juin 2026 à 19:55

Auditionné à l'Assemblée nationale ce mardi 23 juin, le nouveau président de l’établissement public du Louvre a jugé que la canicule qui sévit actuellement souligne la "vulnérabilité" du musée et son "inadaptation" aux contraintes actuelles. "Il faut adapter et réparer le Louvre", a exhorté Christophe Leribault.

Face à l'épisode caniculaire historique qui fait suffoquer la France depuis quelques jours, le Louvre a pris ce mardi 23 juin la décision d'avancer son horaire de clôture. Jusqu'à samedi, le plus grand musée du monde fermera ses portes à 16 heures. "Pour des questions de confort de visite, mais aussi pour les personnes qui y travaillent", a justifié le directeur de l'établissement public, Christophe Leribault, lors d'une audition devant la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale. "Nous avons dû réduire la jauge des visiteurs de façon à ce qu'ils ne soient pas trop sous le cagnard devant la pyramide du Louvre."

Nommé en février à la tête d'un musée en crise depuis le casse rocambolesque d'octobre dernier, Christophe Leribault a évoqué des infrastructures en "fin de cycle", dont l'inadaptation est particulièrement démontrée depuis le début de la canicule. "Visiter le Louvre reste une expérience inoubliable, je l'espère, mais c'est quand même vraiment devenu difficile", a déclaré le successeur de Laurence des Cars. Du fait de la chaleur et de leur vétusté, beaucoup d'installations de climatisation ne fonctionnent plus au régime nécessaire.

"Nous sommes contraints de fermer des salles, d'annuler des évènements, de descendre des œuvres en réserve, ce qui est bien triste pour nous. Il faut absolument que nous soyons préparés aux effets du dérèglement climatique", a poursuivi le nouveau patron du Louvre.

L'entrée par la Pyramide est "saturée"

L'espace pyramide, l'entrée par laquelle passe à l'heure actuelle l'immense majorité des visiteurs, charmés par l'architecture tout en contraste pensée par Ieoh Ming Pei, "est saturée". Pensée pour accueillir 4 millions de visiteur, elle voit passer presque 9 millions de personnes chaque année. "L'acoustique, le climat dans le hall d'entrée, a fortiori en période de forte chaleur, en fait une serre tout à fait étouffante", a souligné Christophe Leribault. Des conditions "pas dignes du plus grand musée du monde".

Cet espace devait normalement être rafraîchi par des fontaines, "hors d'usage depuis des années". "Il faudrait 15 millions d'euros pour les rénover, ce n'est pas du tout ce qu'on va faire, il y a des choses plus urgentes. Mais on est quand même dans un milieu très minéral."

Un projet pour répondre à des "problèmes cruciaux"

Face à ce constat, le président de l'établissement public a insisté sur la nécessité de mener à bien le projet "Louvre nouvelle renaissance", estimé à plus d'un milliard d'euros, et qui apporterait "beaucoup de réponses à des problèmes cruciaux pour l'avenir du musée". "Il faut adapter et réparer le Louvre", a-t-il martelé, détaillant les avaries qui touchent certaines ailes du musée depuis plusieurs mois. "Nous sommes à la croisée des chemins: les urgences bâtimentaires s'accumulent, et l'entretien des matériels [...] nous fait perdre beaucoup d'argent."

Parmi les mesures envisagées par le projet, figure justement l'ouverture de nouveaux accès au musée à partir de la partie orientale du bâtiment, ce qui permettrait de désengorger l'espace pyramide. "Il faut redonner à la Pyramide sa capacité à recevoir 4 ou 5 millions de personnes", a insisté Christophe Leribault, selon qui ce volet s'élèverait à lui seul à 640 millions d'euros.

Face au coût du projet, le patron du musée a notamment défendu la recherche du mécennat privé. Selon lui, quelque 300 millions d'euros ont été sécurisés par la licence de marque du Louvre à Abou Dhabi, où une antenne a été ouverte. "Il nous reste à trouver 340 millions d'euros de mécennat privé, ce qui n'a jamais été fait en France", a -t-il indiqué.

Devant les élus de la commission des affaires culturelles, Christophe Leribault est également revenu sur la mise en œuvre du schéma directeur de sécurité, resté en suspens jusqu'au cambriolage : nouveau poste de commandement dès octobre, nouveau système de vidéosurveillance périmétrique à compter de 2027, création d'une nouvelle direction cyber, nomination d'un coordinateur sécurité, Olivier Goupil, jusqu'alors responsable de la sécurité à la RATP... Par ailleurs, plus de 500 personnels du musée ont reçu une formation à la sûreté.