Auditionnée par la commission d'enquête sur la sécurité des musées, déclenchée après le cambriolage du Louvre, Laurence des Cars a démenti avoir pris des décisions retardant la mise en œuvre du schéma directeur de sécurité de l'établissement. Devant les députés, l'ancienne présidente du musée a, en outre, appelé à "sauver le Louvre".
Après deux occasions manquées, Laurence des Cars s'est finalement présentée devant la commission d'enquête sur le cambriolage du Louvre, ce mardi 24 mars. L'ex-présidente du Louvre a quitté l'institution fin février, fragilisée par le cambriolage rocambolesque des joyaux de la Couronne ayant eu lieu le 19 octobre dernier.
Devant les députés, Laurence des Cars a reconnu des "erreurs" dans la sécurisation du musée le plus visité au monde, et a pris sa "part de responsabilité". Mais elle a démenti vigoureusement avoir "volontairement" retardé la mise en œuvre du schéma directeur de sûreté et de sécurité amorcé par son prédécesseur, Jean-Luc Martinez. "C'est faux et archi-faux", s'est-elle agacée. "Jamais la question de la sécurité n'a été ralentie, mise de côté. Il n'y a pas eu de changement de schéma directeur", a-t-elle poursuivi.
Selon elle, les délais annoncés étaient tout simplement illusoires, alors que plusieurs projets étaient menés de front dans ce monument pharaonique qu'est le Louvre. "Nous pêchons par optimisme et par volontarisme", a soutenu la conservatrice de musée, indiquant que le calendrier avait pâti de certaines mises à jour et de la faillite d'une entreprise impliquée. "Il n'y a pas de retard en tant que tel ; c'est un retard par rapport aux délais que nous nous sommes nous-même fixés."
"Les questions de sécurité sont extrêmement importantes à mes yeux", a-t-elle martelé. Avant de déplorer que le cambriolage ait eu lieu "au moment où tout ce schéma se lançait". "Les caméras biométriques vont être posées. Le PC central, les travaux vont commencer cette année", a-t-elle égrené. Au moment du cambriolage, seule une infime partie des 83 millions d'euros prévus avaient été investis pour mettre en place le nouveau schéma directeur. Une situation que Laurence des Cars a justifié en affirmant que les étapes préalables ne "demandaient pas des investissements lourds immédiats".
La défense de l'ex-présidente du musée, qui a revendiqué avoir été la première dirigeante à avoir alerté sur "l'obsolescence" du Louvre, a parfois questionné certains députés de la commission d'enquête. "Il y a des éléments qui vont à l'encontre des documents que nous avons", a souligné le rapporteur, Alexis Corbière (Ecologiste et social), pointant un retard de 22 mois entre les étapes intialement fixées par le projet de schéma directeur et leur réalisation.
Le président de la commission, Alexandre Portier (Droite républicaine), s'est pour sa part étonné que les joyaux aient été conservés dans un endroit accessible depuis la rue, alors que d'autres établissements ont fait le choix de sécuriser des pièces comparables davantage en leur sein. Laurence des Cars a défendu le choix de la galerie d'Apollon comme étant historique, remontant à "1887", dans la "logique voulue par Louis XIV". "Napoléon est mort. Louis XIV est mort. (...) Vous n'êtes pas engagée par Louis XIV", lui a rétorqué Alexis Portier, soulignant que cette logique aurait pu être remise en cause pour des raisons de sécurité.
Là encore, l'ex-présidente du musée a répété qu'avant le cambriolage, le sujet de la galerie d'Apollon n'en était pas un, indiquant ne pas avoir eu accès avant le casse à l'audit mené en 2018 par le joaillier Van Cleef & Arpels, qui identifiait très bien le balcon utilisé par les cambrioleurs.
Au-delà de ses explications concernant le cambriolage, Laurence des Cars, a profité de son audition pour évoquer l'avenir du musée. "Il faut sauver Le Louvre (...). Il a plus que jamais besoin non seulement de rénovation technique et bâtimentaire, mais de solutions structurelles", a-t-elle déclaré. Poursuivant : le Louvre "est un joyau commun, même s'il a été meurtri ces derniers mois, (...) qui nous est envié par le monde entier".
Face aux députés, l'ancienne dirigeante a de nouveau défendu le vaste chantier "Louvre Nouvelle Renaissance", annoncé début 2025 par le président de la République, Emmanuel Macron, qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et la construction d'un nouvel espace pour la Joconde.