Covid-19 : vers une prolongation de l'état d'urgence sanitaire en Outre-mer

Actualité
par Raphaël Marchal, le Jeudi 2 septembre 2021 à 08:34, mis à jour le Mercredi 1 septembre 2021 à 18:18

Pour enrayer l'épidémie de Covid-19 et affronter la menace du variant Delta, l'exécutif souhaite pouvoir prolonger la mise en oeuvre de l'état d'urgence sanitaire dans les territoires ultramarins, jusqu'au 15 novembre. C'est l'objet du projet de loi qui a été présenté mercredi 1er septembre en Conseil des ministres et que les députés examineront en commission dès cette semaine et en séance mardi 7 septembre. 

Faire face à la situation "extrêmement préoccupante" dans les Outre-mer : tel est l'objectif du projet de loi présenté à l'issue du Conseil des ministres, ce mercredi. Le texte vise à pouvoir proroger l'état d'urgence sanitaire dans certains territoires ultramarins jusqu'au 15 novembre. Comme l'a rappelé Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, à l'issue de la réunion, le nombre de contaminations au sein de ces territoires reste particulièrement élevé et les services hospitaliers frisent l'engorgement. La faute, notamment, à une couverture vaccinale encore "insuffisante", à un variant Delta très contagieux, ainsi qu'aux capacités parfois limitées des systèmes de santé locaux.

Ainsi, au 28 août, le taux d'incidence (nombre de contaminations pour 100 000 habitants sur une semaine) était de 460 en Guyane, 518 à Saint-Martin et 1077 en Guadeloupe, contre 180 à l'échelle nationale. Il a même franchi les 3000 en Polynésie française. Et la couverture vaccinale est particulièrement faible dans plusieurs territoires ultramarins : seuls 25% des Guyanais, 28 % des Guadeloupéens et 30 % des Martiniquais ont reçu au moins une dose de vaccin selon Santé publique France, contre 76% en moyenne.

Un état d'urgence diversement appliqué

L'état d'urgence sanitaire est déjà appliqué dans plusieurs territoires ultramarins : en Guyane, depuis octobre 2020, à La Réunion et en Martinique depuis le 14 juillet, en Guadeloupe, à Saint-Barthélémy et à Saint-Martin depuis le 29 juillet et en Polynésie française depuis le 12 août. Les mesures destinées à enrayer la propagation de l'épidémie (confinement, couvre-feu) ont eu un réel impact, notamment dans les Antilles, s'est félicité Gabriel Attal qui a insisté sur la nécessité de poursuivre leur mise en oeuvre au-delà du 30 septembre, échéance initialement retenue par la loi du 5 août 2021 (à l'exception de la Polynésie française, où l'état d'urgence doit prendre fin dès le 12 septembre).

En parallèle, le projet de loi prévoit également d'étendre la durée applicable de cet état d'exception jusqu'à la même date du 15 novembre, y compris dans les territoires où il n'est actuellement pas appliqué et où l'épidémie est davantage contrôlée. C'est le cas de Mayotte, de Saint-Pierre-et-Miquelon, des îles Wallis et Futuna et de la Nouvelle-Calédonie. Seule condition : que l'état d'urgence sanitaire y soit décrété avant le 15 octobre. Pour justifier cette extension, le gouvernement fait valoir la "fragilité" de ces territoires, leur caractère insulaire et la faible couverture vaccinale de leur population.

Autant de facteurs qui présentent des "risques de dégradation rapide" de la situation sanitaire explique le gouvernement dans l'exposé des motifs du texte. Le projet de loi fera l'objet d'un échange au sein de délégation aux Outre-mer de l'Assemblée jeudi 2 septembre, puis il sera examiné vendredi par les députés de la commission des lois. Le texte sera ensuite débattu dans l'hémicycle mardi 7 septembre, après la séance de questions au gouvernement.