Édouard Philippe visé par une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics

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Édouard Philippe, Image d'illustration - AFP
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 20 mai 2026 à 10:57, mis à jour le Mercredi 20 mai 2026 à 11:06

Candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe est l'objet d'une enquête du Parquet national financier, a-t-on appris mardi soir. L'ancien Premier ministre est soupçonné de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d'intérêts, dans une affaire qui daterait de 2020 au Havre. 

C'est une première embûche dans la course à l’Élysée d’Édouard Philippe. A moins d'un an de la présidentielle, l'ex Premier ministre est visé par une enquête annoncée par le Parquet national financier (PNF), pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêts et concussion (malversation de la part d'un fonctionnaire). Des faits qui, s'ils étaient avérés, se seraient déroulés au Havre, dont Édouard Philippe est maire.

Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique de la ville de Seine-Maritime signée en juillet 2020. L'association LH French Tech, créée en juillet 2020, avait été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé en mars 2020 par la communauté urbaine, présidée par Édouard Philippe. L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets.

Une enquête préliminaire en 2023

Une lanceuse d’alerte avait déjà dénoncé un conflit d'intérêts "absolument évident" et s'était manifestée en septembre 2023 auprès du PNF, qui avait ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Elle avait ensuite déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Cette procédure entraîne automatiquement l'ouverture d'une information judiciaire, qui a donc été annoncée mardi soir. C'est désormais un juge d'instruction qui est chargé de poursuivre l'enquête dans un nouveau cadre procédural.

"Édouard Philippe prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine", a commenté l’entourage de l’ex-Premier ministre auprès de nos confrères de l’AFP mardi soir.

Le maire d'Angers et proche du président d'Horizons, Christophe Béchu, a déploré ce mercredi à l'antenne de Public Sénat "une forme de judiciarisation de la vie politique, avec des dépôts de plainte dont on parle beaucoup plus que les non lieux à la fin du process", indiquant toutefois que cette affaire "n’affecte pas la sérénité d’Édouard Philippe".