Après le niveau record atteint par le taux d'intérêt de la dette française, Marine Le Pen dénonce le "bilan implacable" d'Emmanuel Macron et promet de "nettoyer les écuries d'Augias". L'ancien ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, l'accuse en retour d'en être en partie responsable, "par la menace permanente de censure de tous les partis d’opposition".
Le taux d'intérêt de la dette française a atteint en début de semaine son plus haut niveau depuis 2008. De quoi faire réagir Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national à la présidentielle s'est alarmée des "taux records" de la dette française, dans un message posté sur X mercredi 19 août. Elle y voit "le bilan implacable de dix ans de macronisme" et pointe en particulier la responsabilité du chef de l'Etat, Emmanuel Macron, et de son ex-Premier ministre Edouard Philippe, lui aussi candidat déclaré à l'Elysée, tous deux accusés d'avoir fait "des chèques sans provision dont il faut désormais payer les conséquences".
"Il est grand temps de nettoyer les écuries d'Augias que sont devenus les comptes de la nation!", ajoute la cheffe de file de l'extrême droite, qui se targue de disposer "du courage et de la détermination" pour mener à bien cette tâche.
Quelques heures plus tard, Bruno Le Maire – qui n'a pas encore officiellement fait part de ses intentions pour 2027 – lui a adressé un message en lui répondant directement sous son post. "Non, madame Le Pen, ce n’est pas la politique économique de 2017 qui explique ce résultat, mais son abandon en 2024 et l’abandon de la réforme des retraites en 2025. Nuance", écrit l'ancien ministre de l'Économie, qui poursuit en taclant l'attitude du Rassemblement national. Selon lui, cet "abandon s'explique par la menace permanente de censure de tous les partis d’opposition", dont le parti de Marine Le Pen.
Bruno Le Maire poursuit : "Pour les chèques, vous en réclamiez toujours de nouveaux quand je proposais des économies, que vous n’avez jamais votées."
La dette française fait les frais d'un mouvement mondial de hausse des taux d'intérêt dans les grandes économies mondiales, alors que les prix du pétrole restent durablement plus élevés, en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Avec un taux d'intérêt à plus de 4,10% à échéance dix ans, la France ne s'est pas financée aussi cher sur les marchés depuis novembre 2008, en plein cœur de la crise financière. Début janvier, il n'était qu'à 3,50%. Mais même l'Allemagne, considérée comme la référence de la zone euro, connaît une flambée de son taux à plus de 3,20%, une première depuis 2011. Les bons du Trésor américain dépassent, eux, 4,70% contre autour de 3,90% fin février.
(avec AFP)