"France faillite": le RN fustige un "énième dérapage" des finances publiques

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Le député RN Jean-Philippe Tanguy, le 11 juin 2026 (© LCP)
Le député RN Jean-Philippe Tanguy, le 11 juin 2026 (© LCP)
par Raphaël Marchal, le Jeudi 11 juin 2026 à 11:34, mis à jour le Jeudi 11 juin 2026 à 11:46

"Les Français ne sont pas informés à la hauteur de la gravité de la situation des finances publiques", a jugé le député RN Jean-Philippe Tanguy, ce jeudi 11 juin, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale. Déplorant un "énième dérapage" des finances publiques, l'élu en a profité pour défendre les mesures avancées par son parti en vue de l'élection présidentielle de 2027. 

"France travail", "France services", "France relance"... C'est avec un slogan singeant les nombreuses appellations construites à partir du mot "France" depuis qu'Emmanuel Macron a été élu à l'Élysée que le Rassemblement national a alerté, ce jeudi, sur la situation des finances publiques. "C'est ce que nous appelons 'France faillite', à savoir un dérapage du déficit, de la dette, et de l'ensemble des finances publiques", a cinglé le député Jean-Philippe Tanguy lors d'une conférence de presse organisée à l'Assemblée nationale.

S'appuyant sur des informations de L'Opinion, l'élu de la Somme a évoqué des fuites de Bercy laissant entendre que, sans mesures de correction supplémentaires, le déficit public risquait de déraper à 6,2 % du PIB l'année prochaine. Et ce "contrairement à des annonces publiquement réitérées" du ministre des Comptes publics, David Amiel, a-t-il fustigé. Avant de se féliciter du rejet des projets de loi d'approbation des comptes de l'État et de la Sécurité sociale pour 2025 par les députés, il y a deux jours.

"Nous sommes toujours dans une augmentation structurelle, hors de contrôle, des dépenses publiques parallèle à des augmentations d'impôts qui sont insupportables pour les classes moyennes et les entreprises, et pèsent sur les finances publiques", a poursuivi Jean-Philippe Tanguy, qui a mis en garde contre le risque d'entrer dans une "récession officielle". "Si nous ne sommes pas en récession depuis plusieurs années, c'est parce que l'économie est tenue à bout de bras par un déversement massif d'argent que nous n'avons pas."

Et le député RN de s'inquiéter d'une dérive de l'endettement, qui "s'accélère plus vite que la croissance et pèse de tout son poids" sur l'économie. Alors que la charge de la dette s'élève à plus de 60 milliards d'euros en 2026, il a estimé qu'on se dirigeait "lentement mais sûrement vers les 100 milliards d'intérêts à verser". Tandis que dans le même temps, le déficit de la Sécurité sociale "dérive lui aussi de manière très lourde", avec une nouvelle dégradation de près de 4 milliards d'euros qui était "prévisible dès les discussions budgétaires".

Les finances publiques, un sujet de la présidentielle

Pour Jean-Philippe Tanguy, le rétablissement des finances publiques constituera un sujet majeur de l'élection présidentielle de 2027, "l'incompétence du macronisme ayant conduit à cette ruine". D'autant plus que cette "dérive" s'accompagne d'une "dégradation de la politique qui est menée dans notre pays", a-t-il déploré, jugeant que la "gabegie d'argent public n'est pas accompagné de services publics de qualité".

Tenir ses comptes, c'est tenir la France. Jean-Philippe Tanguy, député RN

Le député du groupe présidé par Marine Le Pen a profité de l'occasion pour vanter le programme économique du Rassemblement national, "le seul qui s'est engagé à stopper l'emballement de la dette", avec un "plan d'économies nettes de plus de 100 milliards d'euros" qui permettra "d'engager des baisses d'impôts sur les ménages de 25 milliards d'euros dès la première année", et de 20 milliards d'euros sur les entreprises.

Pour ce faire, s'il accède au pouvoir, le RN compte s'attaquer à ce qu'il considère comme des "tabous", comme le contrôle de l'immigration. Parmi les mesures mises en avant, le conditionnement des aides sociales aux étrangers ayant travaillé au moins cinq ans sur le territoire national, le remplacement de l'aide médicale d'État (AME) par une aide médicale d'urgence, la suppression des visas pour soins, ou encore la dénonciation des accords de 1968 avec l'Algérie.

Autre thématique, la réforme du train de vie de l’État, avec la suppression de certaines agences, ainsi que de deux échelons du millefeuille territorial, et la baisse de subventions à certaines associations qualifiées de "politisées". Le parti de Jordan Bardella promet, par ailleurs, de s'atteler à une "reprise en main" de la contribution française à l'Union européenne. En fustigeant le bilan d'Emmanuel Macron en matière de finances publiques et en avançant ses propres propositions, le Rassemblement national tente de gagner en crédibilité sur ce sujet en vue de l'éection présidentielle de 2027.