Géolocalisation de Rima Hassan: LFI dénonce un "scandale d'Etat", Laurent Nunez invoque la "séparation des pouvoirs"

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Le député LFI Antoine Léaument, le 16 avril 2026
Le député LFI Antoine Léaument, le 16 avril 2026
par Raphaël Marchal, le Jeudi 16 avril 2026 à 19:30

La France insoumise a dénoncé, ce jeudi 16 avril, à l'Assemblée nationale un "scandale d'Etat", en réaction à la publication d'un article de Mediapart faisant état d'une "surveillance extrêmement poussée" de la députée européenne, Rima Hassan (LFI) dans le cadre de l'enquête la visant pour apologie du terrorisme.

A peine la fièvre de la proposition de loi Yadan retombée, un autre sujet a enflammé l'hémicycle de l'Assemblée nationale ce jeudi. La cause ? Un article de Mediapart, révélant que l'eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise) a fait l'objet d'une "surveillance extrêmement poussée" dans le cadre de l'enquête qui la vise pour apologie du terrorisme.

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"Son téléphone a été géolocalisé, ses déplacements effectués bien avant l’ouverture de l’enquête ont tous été retracés et plusieurs fichiers ont été consultés, en dépit de son statut d’élue", retrace le média d'investigation. La présidente des députés LFI, Mathilde Panot, a dénoncé des "révélations d'une gravité absolue" et le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, d'un "scandale d'Etat".

Le député insoumis Antoine Léaument a, quant à lui, directement interpellé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui était présent au Palais-Bourbon dans le cadre de l'examen de la proposition de loi Rodwell sur les centres de rétention administrative. "Monsieur le ministre, pouvez-vous nous expliquer pourquoi le téléphone de Madame Rima Hassan a été placé sous surveillance ?", s'est enquis l'élu LFI.

Les socialistes et les écologistes ont aussi interpellé le ministre de l'Intérieur. "Nous apprenons aujourd'hui qu'elle a été géolocalisée pendant plus d'un mois, avant même le tweet dont il a été question pour aller en garde à vue. Et en fait, la question que je vous pose, monsieur le ministre de l'Intérieur, c'est quel sens a pour vous le terme de liberté individuelle, d'Etat de droit et de respect des parlementaires ?", a cinglé la députée écologiste Sandrine Rousseau.

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Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a souhaité que le ministre de l'Intérieur réponde aux Insoumis, jugeant légitime "la question de savoir si une élue de la République peut (...) être amenée à rendre compte de son emploi du temps sur des mois entiers, alors même que rien ne le justifie".

Laurent Nuñez invoque la "séparation des pouvoirs"

En réponse, le ministre de l'Intérieur a expliqué que dans le cadre de la procédure judiciaire pour apologie du terrorisme ouverte contre la députée européenne, "il y a un parquet qui diligente des enquêtes et qu'il y a un certain nombre d'actes d'enquête qui peuvent être menés", qui sont "sous l'autorité de la justice".

"C'est une procédure judiciaire. Il faut qu'on respecte l'Etat de droit et la séparation des pouvoirs", a insisté Laurent Nuñez. Et alors que le député LFI Ugo Bernalicis accusait le ministre d'avoir "utilisé les services de renseignement administratif" à l'encontre de Rima Hassan, et ce "au mépris de la réglementation", le ministre a démenti: "Non, Monsieur Bernalicis, le renseignement territorial ne travaille pas sur les questions politiques."

(Avec AFP)