Sébastien Lecornu a annoncé, ce mercredi 25 mars, à la tribune de l'Assemblée nationale que l'actualisation de la loi de programmation militaire sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril. Le gouvernement prévoit notamment une hausse significative des commandes de munitions d'ici à 2030.
"Nous ne pouvons pas attendre." Ce mercredi, à la tribune de l'Assemblée nationale, le Premier ministre a annoncé une actualisation rapide de la loi de programmation militaire. Celle-ci sera présentée en Conseil des ministres dès le 8 avril prochain. Elle sera ensuite inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale la semaine du 4 mai, puis au Sénat la semaine du 1er juin. Son but sera "d'adapter un Etat conçu pour le temps de paix à un monde qui ne l'est plus tout à fait".
"Cette crise nous concerne directement", a déclaré Sébastien Lecornu, en ouverture du débat organisé à l'Assemblée nationale sur la guerre en Iran. Soulignant "l'urgence" de la situation, le Premier ministre a annoncé de nouveaux achats de munitions : "Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes" de munitions "entre 2026 et 2030", a-t-il expliqué. Cette somme s'ajoutera aux 16 milliards d'euros déjà votés dans la loi de programmation militaire de 2023.
Sébastien Lecornu a aussi annoncé la création "imminente" du grossiste de munitions nommé "France munitions" qui devra "répondre aux besoins des armées françaises mais aussi de nos alliés et bien entendu de nos nombreux clients à l'export". Son financement sera assuré par l'Etat et par des investisseurs privés.
L'Etat devra aussi "produire en masse et à coût maîtrisé" des "drones intercepteurs et des munitions télé-opérées". "Quand un drone à quelques milliers d'euros mobilise un missile à plusieurs millions, c'est toute notre conception de l'armement qu'il faut repenser", a expliqué Sébastien Lecornu, qui souhaite tirer les enseignements des guerres en Ukraine et en Iran.
Le gouvernement souhaite aussi "aider à la transformation de notre industrie civile" avec la création d'un nouveau plan "industrie duale" de 300 millions d'euros : l'objectif est de "relocaliser des chaînes de production de composants critiques utiles à la défense nationale", mais aussi d'"aider les industries civiles à investir dans l'innovation de défense".
Enfin, la mise à jour de la loi de programmation militaire créera un "état d'alerte de sécurité nationale" qui devra permettre "d'adapter temporairement nos règles pour accélérer les décisions" en cas de "menace" et "lorsque les circonstances l'exigent" : "Il ne serait pas acceptable que, face à une menace imminente, la Nation soit entravée par ses propres lenteurs", a martelé Sébastien Lecornu.