Fête de la musique: LFI investit la place de la République, ses adversaires dénoncent une "récupération politique"

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La place de la République à Paris (© LCP)
La place de la République à Paris (© LCP)
par Raphaël Marchal, le Mardi 16 juin 2026 à 11:25, mis à jour le Mardi 16 juin 2026 à 11:28

La France insoumise va organiser une série de concerts place de la République à Paris à l'occasion de la Fête de la musique, ce dimanche 21 juin. Plusieurs responsables politiques dénoncent une récupération et un détournement de l'évènement.

Après le lancement d'un maillot de football au nom de "Mélenchon 2027", d'un jeu vidéo, ou encore de divers "goodies" de campagne, et à la suite d'un meeting remarqué à Saint-Denis, La France insoumise continue de déployer sa stratégie en vue de l'élection présidentielle de 2027. Ce dimanche 21 juin, le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon va organiser une série de concerts place de la République pour tenter de toucher une partie de la jeunesse.

L'évènement sera précédé d'une grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination lancée à l'appel du nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Sont notamment attendus DJ Guido, le groupe Acid Arab, le rappeur Kulturr, la rappeuse 2L ou encore la chanteuse Dinaa, a dévoilé Le Parisien. Selon le journal, Jean-Luc Mélenchon devrait assister à une partie des concerts, qui se tiendront de 18 heures à minuit.

"Un danger pour l'ordre public"

L'annonce de l'évènement a toutefois fait grincer des dents certains adversaires de LFI, qui ont dénoncé une récupération politique sur X. "Non, il n’est pas possible de récupérer la Fête de la musique à des fins politiques", a critiqué le maire socialiste du 4e arrondissement de la capitale, Ariel Weil. "Compte tenu des foules qui seront dans la rue pour danser et chanter, c’est un danger pour l’ordre public", estime-t-il.

"Ni [la place de la République], ni [la Fête de la musique] ne peuvent être accaparées et instrumentalisées par un mouvement politique", a tancé la conseillère du 11e arrondissement, Delphine Goater (Horizons). "Quand tu demandes un concert et qu’on te livrera un meeting pro-Palestine", a réagi Shannon Seban, secrétaire nationale des Républicains. Le président du Crif, Yonathan Arfi, a lui aussi laissé paraître son agacement : "Pour LFI, la musique n'est pas une fin, c'est un moyen, au service d'un agenda politique. [...] Aucun parti politique ne devrait pouvoir détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser."

Ancien député socialiste de l'Essonne et cofondateur de SOS Racisme, Julien Dray a de son côté critiqué une "opération com' recup tous azymuths". L'ancien président écologiste de l'Assemblée nationale, François de Rugy, s'est lui aussi insurgé. "LFI détourne la Fête de la musique - place de la République ! Avec l’accord de la Ville de Paris : mais où va-t-on ?", a fustigé le vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire. Avant d'ironiser sur un "concert place de la Nation organisé par le RN" ou "un autre place de la Concorde organisé par Horizons".

Face à ces critiques, plusieurs internautes ont rappelé que la Fête de la musique en France trouve ses origines dans l'élan de l'élection de François Mitterrand à l'Élysée en 1981. Cette année-là, le premier concert gratuit pensé par les cadres du Parti socialiste, qui avait réuni Jacques Higelin et Téléphone, avait été organisé... place de la République. L'année suivante, Jack Lang, le ministre de la Culture emblématique des années Mitterrand, institutionnalisait l'événement.