"J’ai changé d’avis": Jean-Luc Mélenchon regrette aujourd’hui ses anciennes positions sur le port du voile

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Jean-Luc Mélenchon, le 2 septembre 2026.
Jean-Luc Mélenchon, le 2 septembre 2026.
par Maxence Kagni, le Jeudi 3 septembre 2026 à 11:02, mis à jour le Jeudi 3 septembre 2026 à 11:04

Jean-Luc Mélenchon a affirmé ce mercredi avoir fait une "erreur terrible" en s'opposant au voile islamique par le passé. Le leader insoumis a expliqué ressentir de "la honte" vis-à-vis de la proposition du Rassemblement national de pénaliser son port dans l'espace public. 

"J'ai été convaincu, et j'ai changé d'avis." Ce mercredi, Jean-Luc Mélenchon a reconnu avoir changé de position sur le port du voile, affirmant avoir par le passé fait une "erreur terrible" en s'y opposant. Le candidat à l'élection présidentielle s'exprimait lors d'une conférence face à des militants insoumis organisée ce mercredi à Paris.

"Moi, je ne vais pas faire le malin, il y a 20 ans aussi, je n'étais pas d'accord avec cette histoire de voile, je n'avais pas compris", a expliqué Jean-Luc Mélenchon. "Quand j'étais jeune homme, j'étais un bouffeur de curés pas possible et j'aime mieux vous dire que je ne donnais pas dans la délicatesse", a-t-il également déclaré. 

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L'ancien député des Bouches-du-Rhône a expliqué les raisons de son changement de pied : "J'ai rencontré des femmes qui portaient le voile ou des femmes très croyantes et qui ne portaient pas le voile, et des femmes qui n'étaient pas croyantes mais qui disaient 'chacun fait comme il veut'. Et on en a parlé (...) j'ai été convaincu et j'ai changé d'avis. Je me suis dit que j'ai fait une erreur terrible", a déclaré Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise avait qualifié en 2010 le voile de "signe de soumission patriarcale" et de "chiffon sur la tête" en 2017.

Pour justifier son changement de position, le candidat à l'élection présidentielle a également expliqué avoir été confronté au "processus révolutionnaire de l'Amérique latine" : "J'ai vu les chrétiens remplir les églises et ensuite remplir les manifs, je les ai vu soutenir, au nom de la théologie de la libération tous les régimes progressistes et anticapitalistes."

"La hchouma", "la honte"

"Chacun marche son chemin dans la vie comme il croit juste de le faire, ce qui compte c'est ce qu'on fait ensemble, c'est d'ailleurs pourquoi le mouvement insoumis n'existe pas à partir d'une doctrine, d'un dogme, d'une philosophie ou d'une foi mais d'un programme", a conclu Jean-Luc Mélenchon, qui affirme que ce dernier sera "prêt" en novembre prochain.

Le changement de position du leader insoumis est perçu par certains de ses adversaires comme une trahison de l'héritage de la gauche laïque universaliste. D'autres, comme le député Rassemblement national Kévin Mauvieux, jugent ce retournement de purement opportuniste : "Certains parleront de prise de conscience, moi, j’y vois plutôt du clientélisme électoral", a écrit sur son compte X le député de l'Eure. 

Ce mercredi, Jean-Luc Mélenchon réagissait à la polémique née autour de la proposition du Rassemblement national de pénaliser le port du voile islamique dans l'espace public : "Tout le monde en a plein le dos et il y a le côté humiliant pour nous tous d'être le pays où un truc pareil a lieu", a déclaré le candidat à l'élection présidentielle, expliquant ressentir de "la hchouma", de "la honte", face à une telle proposition.