L'Assemblée vote en faveur de l'ajout du nom de Valéry Giscard d'Estaing à celui du musée d'Orsay

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par Raphaël Marchal, le Jeudi 25 mars 2021 à 13:45, mis à jour le Jeudi 25 mars 2021 à 15:46

Les députés ont adopté jeudi 25 mars une proposition de résolution du groupe "UDI et Indépendants" visant à accoler le nom de l'ancien président de la République à ceux du musée d'Orsay et de l'Orangerie. L'exécutif rendra sa décision "dans les prochaines semaines", a indiqué le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau.

 

Après Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac, le nom de Valéry Giscard d'Estaing sera-t-il lui aussi associé à l'une des grandes institutions culturelles de Paris ? Les députés ont en tout cas voté en faveur de cette démarche en hommage à l'ancien Président décédé le 2 décembre 2020.

Les élus ont adopté une proposition de résolution, texte sans valeur contraignante, afin d'encourager l'exécutif à accoler son nom à celui du musée d'Orsay ainsi que de l'Orangerie qui en dépend. Le texte a été examiné dans le cadre de la journée d'initiative parlementaire du groupe "UDI et Indépendants" qui s'inscrit notamment dans la lignée de l'UDF, parti fondé en 1978 pour soutenir VGE qui était alors en fonction à l'Elysée.  

Le choix du musée d'Orsay n'est pas anecdotique : c'est Valéry Giscard d'Estaing qui avait décidé en 1977 de transformer cette ancienne gare située en bord de Seine, afin de mettre en valeur les arts du XIXe siècle. Après sa mort, c'est d'ailleurs au sein de l'institution que les Français ont été invités à remplir son livre d'or, en décembre dernier.

Des hommages quasi-unanimes

Sous le regard de l'ancien député Louis Giscard d'Estaing, fils de l'ancien Président, qui a assisté au débat, les élus ont tour à tour rendu hommage à Valéry Giscard d'Estaing. "Le musée d'Orsay lui doit son existence", a déclaré Yannick Favennec-Bécot (UDI), auteur de la proposition de résolution. Saluant l'esprit visionnaire et "l'acharnement" de l'Auvergnat, le député a souligné le grand succès de l'institution, visitée par près de 4,7 millions de personnes en 2019.

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"La place accordée au troisième Président de la Ve n'est pas à la hauteur de ce que nous lui devons", a renchéri Bertrand Pancher (Libertés et territoires), qui a rappelé les transformations sociétales enclenchées durant son septennat. Jean-Paul Mattéi (MoDem) comme Constance Le Grip (Les Républicains) ont déclaré devoir leur engagement politique à l'ancien chef de l'Etat. 

André Chassaigne s'est fait lyrique au moment de rendre hommage à Valéry Giscard d'Estaing, Auvergnat comme lui, contre qui il a rappelé avoir ferraillé dans sa prime jeunesse. L'élu communiste s'est félicité du choix d'avoir conservé la structure de l'ancienne gare, morceau du "patrimoine industriel", "respiration de la mémoire de la classe ouvrière du XIXe siècle", "édifice monumental associant à une superbe verrière à structure métallique un parement de pierre richement orné, et témoin d'une voie ferrée pénétrant au cœur de Paris".

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Seule la voix de Michel Larive (LFI) a détonné, ce dernier tenant à nuancer le portrait de "protecteur des arts" dressé par ses collègues. Selon lui, VGE a toujours considéré la culture comme "une variable d'ajustement du budget national et des collectivités territoriales". Surtout, Michel Larive a profité de l'occasion pour se désoler de la situation actuelle du secteur culturel du fait de la crise sanitaire, et appeler au "déconfinement de la culture". Le député insoumis a finalement été le seul à s'abstenir sur la proposition de résolution, adoptée par les 91 autres votants.

Une décision dans les prochaines semaines

Présent dans l'hémicycle du fait de l'absence de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, hospitalisée après avoir contracté le Covid-19, Marc Fesneau n'a pas fait de promesse définitive aux élus. Une décision sera prise "dans les prochaines semaines", a confirmé le ministre chargé des Relations avec le Parlement, qui a lui aussi rendu hommage à l'apport de l'ancien Président à l'art et à la culture.

Trois choix s'offrent à l'exécutif, qui se penche sur le dossier en lien avec les proches de l'ancien Président. Celui privilégié par les élus aujourd'hui, mais également des options plus limitées : renommer seulement l'esplanade du musée ou encore sa nef principale. "La phase d'instruction des différentes hypothèses est pratiquement achevée", a précisé Marc Fesneau. Ce sera ensuite à Emmanuel Macron de trancher en faveur de l'une des options. Avec, désormais, la volonté transpartisane exprimée par l'Assemblée nationale.