À l’occasion du “French Digital Day”, un événement consacré aux start-up, Gabriel Attal s’est inquiété ce mercredi de la situation économique de la France. "La dissolution a entraîné une grande instabilité politique et donc économique", a déploré le candidat de Renaissance à l'élection présidentielle, sans citer nommément Emmanuel Macron qui a pris cette décision en juin 2024.
Dans son livre En homme libre (éditions de l’Observatoire, avril 2026), Gabriel Attal se livrait déjà à un droit d'inventaire du macronisme. Premier ministre entre janvier et septembre 2024, l’actuel patron de Renaissance voyait dans la dissolution de l’Assemblée nationale “l’une des décisions politiques les plus funestes de la Ve République”. Décidée Emmanuel Macron dans la foulée des élections européennes, le 9 juin 2024, elle avait accentué la tripartition du champ politique et fragilisé le camp présidentiel sans majorité, même relative, au Palais Bourbon depuis les législatives qui ont suivi cette décision.
Lors d'une intervention au musée des Arts forains à Paris, ce mercredi 16 août, Gabriel Attal a enfoncé le clou : "Tout est parti en live, entre guillemets, avec cette dissolution qui a contribué à quasiment flinguer l'économie française", a-t-il déclaré à l'occasion de la 14e édition du “French Digital Day”, un événement consacré aux start-up, à l’investissement et à l’innovation.
Sans citer le chef de l'État, le chef de file députés du parti présidentiel a évoqué la dégradation actuelle d’indicateurs économiques clés, en comparaison du temps où il était à Matignon. Il a rappelé que les taux d’emprunt de la France fluctuaient entre 1,2% et 1,5% sous son gouvernement - contre 4,5% aujourd’hui. "Avant la dissolution, on arrivait à tutoyer les 2% de croissance. Aujourd'hui, on est quasiment en croissance nulle", a ajouté l'ancien chef du gouvernement, qui a également fait référence le taux de chômage qui était de 7,5% alors "qu'on se rapproche des 9%" aujourd'hui. L’Insee a évalué le taux de chômage à 8,3% pour le deuxième trimestre de l’année 2026, et envisage qu’il atteindra 8,6% à la fin de l’année.
"Malheureusement, la dissolution a entraîné une grande instabilité politique et donc économique", a regretté Gabriel Attal qui avait été remplacé à Matignon par Michel Barnier en septembre 2024.
(Pierre Levrel, avec AFP)