La vague épidémique va continuer à "frapper très fort" prévient Édouard Philippe

Actualité
Jason Wiels
le Vendredi 29 mai 2020 à 15:28

Deux jours après son audition à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a confié aux députés de la majorité que le pays était entré dans un "territoire inexploré". Une déclaration faite, ce vendredi, au cours d'une réunion du groupe La République en Marche, qui s'est tenue en visioconférence. Les députés LaREM cherchent à préparer l'après-crise du coronavirus, alors que le Parlement fonctionne au ralenti.

Ils ne s'étaient pas réunis depuis un mois. Les députés La République en Marche se sont "retrouvés", vendredi matin, par écrans interposés. Ils étaient près de 250 à s'être connectés grâce au logiciel Zoom pour une réunion de groupe baptisée "e-Colbert", en référence à la salle qu'ils occupent habituellement, le mardi matin, au Palais Bourbon.

Une vague forte, un confinement parti pour durer

Le groupe majoritaire de l'Assemblée a pu échanger pendant une heure avec Édouard Philippe, qui n'a pas retenu ses mots sur la dureté et la longueur de la crise sanitaire. "La vague est élevée, elle continuera à frapper très fort", a souligné le Premier ministre, alors que plus de 4500 malades sont déjà décédés du Covid-19 dans les hôpitaux en France.

Il a aussi rappelé le caractère inédit de la crise actuelle : "Nous sommes entrés dans un territoire inexploré (...), l'urgence sanitaire va durer", a prévenu le locataire de Matignon. Outre l'aspect sanitaire, la menace est aussi "économique, politique, démocratique à certains aspects", a-t-il dit.

Selon un participant à la réunion, le confinement devrait être à nouveau être prolongé :

Le confinement sera sûrement prolongé au-delà du 15 avril. Et il a redit que le déconfinement ne se ferait pas du jour au lendemain.Un député participant à la réunion, le 3 avril 2020

Alors que les vacances de printemps débutent en zone C (Ile-de-France et Occitanie), le chef du gouvernement a indiqué avoir fait passer des consignes strictes aux préfets. "On a été prévenu que les forces de l'ordre seront intraitables, les amendes seront mises aux contrevenants", prévient la députée Laurence Maillart-Méhaignerie.

Le Parlement au ralenti mais les députés mobilisés

Aux députés qui l'interrogeaient pour savoir quel pouvait être leur rôle dans cette crise, le Premier ministre a confié deux missions : remonter les messages du pays (rapporter les inquiétudes, signaler les problèmes constatés dans leur circonscription), mais aussi expliquer les décisions prises par le gouvernement.

"Notre démocratie parlementaire doit continuer, (...) notre Parlement fonctionne dans un format réduit, mais n’a renoncé à aucune de ses prérogatives", a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, au cours de la réunion.

Les questions au gouvernement continuent chaque mardi et la mission d'information sur le coronavirus poursuivra ses travaux avec les auditions du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, la semaine prochaine. Les commissions permanentes devraient progressivement recommencer à siéger lors de réunions hebdomadaires dématérialisées. Jeudi, la commission des finances a, par exemple, décidé de recentrer entièrement son travail d'évaluation sur l'impact de la crise sanitaire.

Les députés marcheurs cherchent aussi des pistes pour travailler ensemble pendant cette période. Depuis qu'ils sont confinés, ils font des réunions à distance par spécialité, mais le groupe veut plus généralement réfléchir à l'après-confinement.

Selon sa première vice-présidente, Marie Lebec, le groupe doit suivre deux impératifs : "ne pas percuter la gestion de la crise et le travail du gouvernement" sans pour autant "laisser trop de champ libre à l'opposition". Les deux vice-présidentes responsables de l'animation politique du groupe, Bénédicte Peyrol et Claire Pitollat sont chargées d'organiser cette réflexion sur "l'après".

Avec Brigitte Boucher