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Emmanuel Macron dans le Tarn le 9 juin 2022

Législatives : Emmanuel Macron demande une "majorité forte et claire"

Actualité
par Raphaël Marchal, le Jeudi 9 juin 2022 à 17:15, mis à jour le Jeudi 9 juin 2022 à 18:28

En déplacement dans le Tarn, le chef de l’État a invité les Français à élire une "majorité forte et claire" lors des élections législatives des 12 et 19 juin. Á trois jours du premier tour, Emmanuel Macron a fustigé les "extrêmes", visant à la fois la Nouvelle union populaire écologique et sociale et le Rassemblement national. Jean-Luc Mélenchon a réagi dans la foulée parlant d'un déplacement présidentiel traduisant de la "fébrilité".

Officiellement, Emmanuel Macron était dans le Tarn pour un déplacement présidentiel sur le thème de la sécurité en zone rurale. Mais avec ce déplacement, jeudi 9 juin, après un autre déplacement la veille en Seine-Saint-Denis, le chef de l’État a aussi voulu remobiliser ses électeurs alors qu'à l'approche du premier tour des élections législatives, les projections en sièges réalisées par les instituts de sondages donnent une majorité de plus en plus courte, et pas forcément absolue, à Ensemble !, la coalition qui le soutient. 

Dans le Tarn, Emmanuel Macron a donc rappelé que mener à bien sa politique nécessiterait "une majorité forte et claire". "La majorité doit refléter parfois des différences, mais doit permettre au pays que ce projet soit mis en œuvre", a-t-il complété lors d'un discours prononcé à Puycelsi. Et d'insister sur une élection "décisive". "Je veux alerter les Français sur l'importance du choix qu'ils ont devant eux. [...] Des équilibres qui se dessineront à l'Assemblée nationale, dépendent aussi le destin de la France et de la vie quotidienne de chacun."

Ne pas "ajouter de la crise à la crise"

Guerre aux portes de l'Europe, multiplication des catastrophes naturelles, pandémie...  "Face à ce contexte miné par l'incertitude, les extrêmes proposent d'ajouter de la crise à la crise, en revenant sur des grands choix historiques de notre Nation", a alerté Emmanuel Macron, qui a accusé, sans jamais les nommer, la Nupes et le RN de vouloir "revenir sur des alliances historiques", de remettre en cause l'Union européenne et de "fragiliser l'unité du pays".

"Rien ne serait plus dangereux que d'ajouter au désordre mondial un désordre français que proposent les extrêmes", a insisté le chef de l'État, qui a martelé sa volonté d'agir dans les prochaines semaines face aux nombreux défis qui se présentent. "Dans cette période délicate, [...] il faut de la cohérence, de la compétence et de la confiance. Nos défis sont nombreux. Je veux que nous puissions agir dès les prochaines semaines."

Et de revenir dans le détail sur ces nombreux chantiers sur lesquels l'exécutif va devoir plancher, à condition d'avoir la majorité pour le faire : lutte contre l'inflation et mesures en faveur du pouvoir d'achat, planification écologique, investissements en faveur de l'hôpital public et de l'école, réformes des retraites et du lycée professionel, soutien à l'activité des entreprises et de l'industrie. 

Mesures en faveur de la sécurité et soutien à la police

Emmanuel Macron a également répondu à Jean-Luc Mélenchon qui a suscité la polémique en estimant que "la police tue" après un contrôle routier qui a abouti à la mort d'une jeune femme à Paris. "Il y a des choses que je ne peux pas accepter. Que l'on insulte celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre", a déclaré le chef de l’État, sans citer nommément le chef de file de La France insoumise.

Le président de la République a opposé à cette vision son bilan en matière de sécurité, saluant l'arrivée de brigades supplémentaires dans le Tarn, à l'image de ce qui va se faire à l'échelle nationale. Au total, quelque 200 brigades de gendarmerie vont être déployées, prélude à l'un des engagements phares d'Emmanuel Macron : doubler la présence des forces de l'ordre sur la voie publique d'ici à dix ans. Un projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur a d'ores-et-déjà été présenté législature et sera examiné si le chef de l'Etat obtient une majorité à l'Assemblée. 

En outre, Emmanuel Macron a promis le recrutement de 8 500 personnels de justice, dans un contexte de défiance des magistrats envers l'exécutif. Les conclusions des états généraux de la justice, achevés en avril, devraient être présentées dans les prochains jours.

"Un moment de fébrilité" 

Rapidement, alors que la campagne pour le premier tour des législatives s'achèvera vendredi à minuit et que chaque heure compte, Jean-Luc Mélenchon a réagi au discours d'Emmanuel Macron lors d'une déclaration improvisée, raillant l'irruption du chef de l'Etat dans la campagne. Selon lui, "un moment de fébrilité" dû aux sondages. "Ce n'est pas au président de la République de mener la campagne législative que ses amis sont incapables de mener", a-t-il estimé. 

Critiquant le contenu de l'intervention, le leader de la Nupes a fustigé le ton "extrêmement pénible" du chef de l'Etat  qui s'est, selon lui, évertué à "critiquer et injurier les autres". "Nous avons le droit, et même le devoir de nous exprimer", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon, estimant que "l'affolement" d'Emmanuel Macron était inutile en vue du scrutin. "Il est extrêmement grave d'accuser ses opposants de vouloir fragiliser l'unité du pays."Jean-Luc Mélenchon a également répondu au Président à propos des forces de l'ordre. "Personne n'a insulté la police", a-t-il assuré estimant que ses critiques visaient non pas les fonctionnaires, mais une doctrine de sécurité mal conçue et dangereuse.