Image
Urne de vote lors du second tour des élections présidentielles françaises, 6 mai 2007. Crédits photo : Wikipédia (licence Creative Commons)

Législatives partielles : trois sièges de députés remis en jeu dimanche

Actualité
par Léonard DERMARKARIAN, le Lundi 16 janvier 2023 à 12:28, mis à jour le Lundi 16 janvier 2023 à 21:10

Trois élections législatives partielles auront lieu dimanche 22 janvier (1er tour) et dimanche 29 (2nd tour). Après avoir vu leur élection à l'Assemblée nationale invalidée par le Conseil constitutionnel, Thomas Mesnier (Horizons), Anne-Sophie Frigout (Rassemblement national) et Bertrand Petit (Socialistes et apparentés), sont à nouveau en campagne.

Conséquence de recours déposés devant le Conseil constitutionnel, l'élection de Thomas Mesnier (Horizons), ainsi que celles d'Anne-Sophie Frigout (Rassemblement national) et de Bertrand Petit (Socialistes et apparentés), ont été annulées par une décision des Sages de la rue Montpensier, rendue le 2 décembre dernier. Tous les trois sont à nouveau candidats dans le cadre de nouvelles élections, dont le premier tour aura lieu dimanche prochain, 22 janvier. 

Dans le Pas-de-Calais, une investiture de la Nupes critiquée par des militants

Dans la huitième circonscription du Pas-de-Calais, après être arrivé deuxième au premier tour derrière le candidat du Rassemblement national Auguste Evrard, Bertrand Petit (Socialistes et apparentés) avait été élu au second tour avec plus de 4 000 voix d'avance face au candidat du RN, lors des élections législatives de juin dernier (résultats disponibles ici). A l'époque, investi par le Parti socialiste hors de l'accord électoral de la Nupes, Bertrand Petit bénéficiera cette fois-ci de l'investiture de l'alliance électorale de la gauche et des écologistes, ce qui a suscité des critiques de la part des comités locaux, d'après le Journal du Dimanche. Son élection a été invalidée en raison de l’inéligibilité constatée de son suppléant, suite à des modifications intervenues aux Sénat où il est également en situation de suppléance. 

Hormis Bertrand Petit et Auguste Evrard, quatre autres candidatures ont été déposées auprès de la préfecture du Pas-de-Calais : l'ancien député Benoît Potterie (Horizons, coalition présidentielle), Lucas Roseuw (Les Républicains), Aude Mayraud (Reconquête) et Etienne Zannis (Lutte ouvrière). 

Dans la Marne, la remise en jeu d'une circonscription gagnée par le RN

Lors des élections législatives de juin dernier, arrivée en deuxième position au premier tour, la députée du Rassemblement national Anne-Sophie Frigout avait doublé son score par deux entre le premier et le second tour pour l'emporter sur Lynda Meguenine, candidate de la Nupes, arrivée en tête au premier tour (résultats disponibles ici). Laure Miller, candidate investie par la coalition présidentielle "Ensemble!", était arrivée troisième, 250 voix derrière la candidate du RN. Sa volonté d'afficher l'investiture officielle pour se distinguer d'Aina Kuric, ancienne députée de la majorité devenue candidate dissidente, a conduit à comptabiliser 965 bulletins en sa faveur mais comportant une mention irrégulière comme nuls, alors qu'il n'y avait pas selon le Conseil constitutionnel de doute sur l'intention des électeurs. 

Anne-Sophie Frigout et Laure Miller seront à nouveau candidates pour cette élection législative partielle de la deuxième circonscription de la Marne. Victorien Pâté sera candidat pour la Nupes, à la place de Lynda Meguenine. Six autres candidatures ont été enregistrées en préfecture : Stéphane Lang (Les Républicains), Marie Pace (Reconquête), Thomas Rose (Lutte ouvrière), Nesma Sayoud (Ecologie au centre) ainsi que Salvador Ribeiro et Pierre Schwarz

En Charente, le risque d'une défaite pour le candidat de la majorité ?

24 voix : c'est ce qui peut séparer la victoire d'une défaite. En juin dernier, Thomas Mesnier (Horizons) avait été élu député de la première circonscription de la Charente au deuxième tour face à René Pilato, candidat de la Nupes (résultats disponibles ici). En raison d'irrégularités constatées dans certains bureaux de vote et après recours de René Pilato, c'est un nouvel affrontement serré qui se profile.

Pour cette nouvelle législative partielle, en plus des deux candidats mentionnés ci-dessus, six autres candidatures ont été enregistrées en préfecture : Samuel Cazenave (sans étiquette), Alice Clergeau (Les Républicains), Florent Bénétreau (RN), Dominique Souchaud (Cap 21), Serge Bondon (Reconquête) et Olivier Nicolas (Lutte Ouvrière). 

Dans ces trois circonscriptions, dans lesquelles l'accès au second tour ou la victoire se sont jouées à quelques poignées de voix en juin, la mobilisation sera cruciale pour les candidats. A l'époque, comme au niveau national, où la participation n'avait été que de 46,2% lors des élections législatives, les Français avaient été un sur deux, parfois moins, à se rendre aux urnes dans ces circonscriptions. Or les élections partielles mobilisent généralement moins que les élections générales. Le contexte politique et social de la réforme des retraites pourrait, par ailleurs, peser sur la fin de la campagne et sur le résultat de ces élections.

Voir aussi : communiqué de presse du Conseil constitutionnel, 2 décembre 2022.