"Il aura changé le quotidien des Français" : les hommages après la mort de Lionel Jospin

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Lionel Jospin ((© Wikimedia)
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par Raphaël Marchal, le Lundi 23 mars 2026 à 10:20, mis à jour le Lundi 23 mars 2026 à 12:03

De nombreuses personnalités politiques ont rapidement réagi à la mort de l'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, annoncée ce lundi matin. "Il incarnait une haute idée de la République", a notamment salué le chef de l'Etat, Emmanuel Macron.

C'est une figure de la vie politique de la Vème République qui a disparu : Lionel Jospin, chef du gouvernement de 1999 à 2002, premier secrétaire du Parti socialiste pendant plus de 10 ans, candidat malheureux à l'élection présidentielle en 1995 et en 2002, un scrutin marqué par la qualification du fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, pour le second tour, à ses dépens.

Emmanuel Macron a salué le parcours de Lionel Jospin, représentatif de son "grand destin français". "Par sa rigueur, son courage et son idéal de progrès, il incarnait une haute idée de la République", a souligné le président de la République sur X.

"Il a servi la France avec constance, exigence et sens des responsabilités", a salué sur X Sébastien Lecornu. "Son action, guidée par une certaine idée du progrès social et des valeurs républicaines, laisse une empreinte durable et un modèle d’engagement", a poursuivi l'actuel chef du gouvernement. "La France perd aujourd’hui un serviteur fidèle, dont le nom restera lié à l’État."

Ancien président socialiste (2012-2017), François Hollande a fait part de son "infinie tristesse", rendant hommage dans un communiqué à "l'exemplarité" d'un "homme engagé". "Homme d'Etat, il a fait preuve d'une conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité", a écrit celui qui fut premier secrétaire du PS pendant que Lionel Jospin était Premier ministre. "Au-delà de la gauche qui pleure l'une de ses plus éminentes figures, la France sait qu'un de ses plus grands dirigeants vient de s'éteindre."

"Un inspirateur"

Sur X, l'actuel Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a rendu hommage à un "inspirateur et une référence", qui avait réussi à "emmener la gauche plurielle jusqu'à la victoire". "À l’heure où les repères vacillent, son parcours rappelle qu’on peut gouverner sans concession à l’air du temps", a-t-il ajouté, demandant qu'un hommage national soit rendu à l'ex-chef du gouvernement.

Nouvellement élu maire de Paris, Emmanuel Grégoire a "dédié" sa victoire à Lionel Jospin. "Lionel a été une figure tutélaire pour plusieurs générations, et a inlassablement ouvert la voie. Nous lui devons tant", témoigne l'édile de la capitale sur X.

Respecté pour son "intégrité"

La présidente de l'Assemblée nationale a également salué la mémoire de la figure socialiste. "Il aura changé le quotidien des Français : couverture maladie universelle, parité, emplois-jeunes, PACS. Il était respecté, au-delà de sa famille politique, pour son intégrité et son sens de l'Etat : la rigueur, le respect des institutions", a souligné Yaël Braun-Pivet sur X.

Pour Gabriel Attal, Lionel Jospin "a été le visage d’une gauche qui ne transige pas avec ses valeurs". "Le visage de la politique de la parole donnée, celle qui dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit", a témoigné l'ex-Premier ministre sur X.

"L'homme des 35 heures"

"Ce fut un un modèle d'exigence et de travail. Il restera l'homme des 35 heures, de l'alliance rouge rose vert, du refus de toucher à l'âge de départ à la retraite. Et une présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", a réagi sur X Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de l'Enseignement professionnel dans son gouvernement.

Elle aussi ex-ministre de Lionel Jospin, Ségolène Royal a salué sur X la mémoire d'un "idéal politique, d’une rare honnêteté, guidé par une exigence morale constante". "Avec lui c’est une certaine idée de la politique qui nous quitte, respectueuse du débat et soucieuse de la bonne décision, sans insultes ni fureur. Restons fidèles à son héritage profondément républicain."

Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre socialiste, a rendu hommage à la "droiture" au "sens des responsabilités" et à la "fidélité aux valeurs du socialisme et de la gauche", qui ont fait de Lionel Jospin "une référence pour tous ceux qui croyaient au progrès social". "Il demeurera pour tous les socialistes et tous les humanistes un exemple qui montre le chemin", a-t-il appuyé sur X.

Ancienne ministre de la Culture du gouvernement Jospin, Catherine Trautmann, élue maire de Strasbourg, a salué la mémoire d'un homme capable de "rassembler sans diluer". "Il aura su, à la tête de la gauche plurielle, ce que tant peinent aujourd'hui à accomplir : [...] unir sans effacer", a-t-elle souligné dans un communiqué.

"Lionel Jospin était un monstre sacré de la gauche française", a témoigné Marine Tondelier sur X. "Le bilan de ses conquêtes sociales est d'une ampleur qui paraît presque irréelle aujourd'hui", a rappelé la secrétaire nationale des Ecologistes. "Instauration des 35h, de la CMU et du PACS : il est un exemple pour toute la gauche qui aspire à gouverner et à changer la vie des gens sans se renier."

"C'est la dernière apparition d'un homme de gauche au pouvoir prenant des mesures radicales comme les 35 heures", a estimé Manuel Bompard sur X. "Nous ferons mieux sans nous effrayer des difficultés", a ajouté le coordinateur de La France insoumise.

"Un homme de gauche intègre"

"Adversaire politique" de Marine Le Pen, Lionel Jospin n'en était pas moins "un homme de gauche intègre", a salué la présidente des députés RN sur X. "Le seul à avoir eu le courage au lendemain de la présidentielle de 2002  de dénoncer le mensonge éhonté du péril fasciste agité frénétiquement par la droite et la gauche entre les deux tours."

"II restera dans nos mémoires comme une figure de la Ve République et, malgré nos divergences, comme un honnête homme de gauche", a également témoigné Jordan Bardella, président du RN, sur X.

Sur X, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, indique regretter "une figure emblématique du Parti socialiste", "qui manquera à la politique française". "Il emmène avec lui une part de la gauche laïque, attachée à l’universalisme républicain", écrit-il.

Dans un communiqué, le Conseil constitutionnel a également rendu hommage à celui qui fut l'un de ses anciens membres (entre 2015 et 2019). "La République perd un grand serviteur", écrit l'institution, saluant la "rigueur", "l'exigence intellectuelle", la "droiture" et "l'engagement constant" de Lionel Jospin. "Son expérience des plus hautes responsabilités de l’État, sa profondeur d’analyse et sa hauteur de vue ont éclairé les décisions du Conseil constitutionnel."