Le Rassemblement national a revendiqué l'avoir emporté dans 24 communes à l'issue du premier tour des élections municipales, et se trouve en tête dans 60 autres. Le parti d'extrême droite conserve ses principaux bastions d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et de Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Beaucaire (Gard), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle), Fréjus (Var), Perpignan (Pyrénées-Orientales)... Le Rassemblement national et ses alliés l'ont emporté dans 24 communes au premier tour des élections municipales, a revendiqué sur RTL le vice-président du RN, Sébastien Chenu. Dans certains cas, avec une très large avance, comme pour Ludovic Pajot, réélu maire de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) avec 81,44 % des voix, ou Steeve Briois, plébiscité à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen, avec 77,71 %. Le RN a également remporté de nouvelles villes, comme Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), où le député Bryan Masson l'a emporté.
Dès ce dimanche, le président du parti, Jordan Bardella, a "tendu la main aux listes de droite" pour l'emporter au second tour. Le RN fait la course en tête dans une soixantaine d'autres communes, a fait savoir Sébastien Chenu. "Il y a des villes où il y a un danger de gauche, et où nous tendons la main à des listes concurrentes qui ne peuvent pas se maintenir", a-t-il détaillé, jugeant que dans ces cas précis le RN était le "meilleur rempart face à la gauche et à l'extrême gauche".
Citant notamment les cas de Marseille (Bouches-du-Rhône), Nîmes (Gard), Carcassonne (Aude), Toulon (Var), Agde (Hérault), Valenciennes (Nord) ou encore Douai (Nord), le vice-président du RN en a appelé à la responsabilité de la "droite sincère" et à ses électeurs, pour qui le RN doit représenter un "vote utile". A Marseille, Martine Vassal (LR), largement distancée, porterait une "lourde responsabilité" en laissant passer le "dramatique Benoît Payan", le maire sortant, a illustré Sébastien Chenu. Sur France Info ce lundi, Franck Allisio, candidat du RN arrivé en deuxième position (35,08 % des voix, à un point de Benoît Payan), a appelé Martine Vassal à le rejoindre.
Selon Sébastien Chenu, le RN est prêt à regarder "au cas par cas" les communes où il pourrait soutenir la droite, pour "empêcher la gauche et l'extrême gauche de passer". "C'est la ruine et l'insécurité", a-t-il mis en garde. Avant de préciser que son parti ne se rangerait pas derrière Jean-Michel Aulas à Lyon, le candidat soutenu par la droite, au coude-à-coude avec l'écologiste sortant Grégory Doucet, ayant démontré "l'étendue de sa nullité pendant la campagne". Dans la capitale des Gaules, le RN a essuyé une déconvenue, Alexandre Dupalais (UDR-RN) ayant recueilli 7,07 %.
A Paris, "la ville la plus difficile pour le RN", Thierry Mariani n'a récolté que 1,61 % des voix, loin derrière la candidate de Reconquête, Sarah Knafo. La capitale n'était toutefois pas du tout un objectif, a rappelé Sébastien Chenu. Avant de juger que les résultats du RN, conjugués à la percée historique de La France insoumise dans les grandes communes, démontraient que "les Français veulent le changement".