A Toulouse, à Limoges, ou encore à Lille... La France insoumise a réalisé de bons scores dans plusieurs grandes villes au premier tour des élections municipales. Au point d'être en situation de l'emporter, ou de se placer en position d'arbitre dans plusieurs d'entre elles, en vue du second tour dimanche prochain.
En réalisant de bons scores dans plusieurs grandes villes lors du premier tour des élections municipales, La France insoumise - qui a investi pour la première fois sur les élections municipales - a réussi son pari. "Une magnifique percée", s'est félicité le leader des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, sur X. Dès le premier tour, le candidat de LFI Bally Bagayoko l'a ainsi emporté à Saint-Denis, deuxième ville d'Île-de-France après Paris, au détriment du maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin. La commune de Seine-Saint-Denis devient la plus grande ville dirigée par un insoumis.
Et les choses pourraient ne pas en rester là. A Roubaix (Nord), David Guiraud est arrivé en tête avec 46,64 % des voix, se plaçant en situation très favorable pour l'emporter au second tour. A Toulouse, le député François Piquemal est passé devant son rival socialiste, François Briançon, tous deux arrivant derrière le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (divers droite). Les deux camps ont annoncé ce lundi matin le dépôt d'une liste commune, après des tractations menées jusque dans la matinée.
A Limoges, Damien Maudet est également arrivé deuxième, devançant de près de 8 points le candidat de l'union de gauche, Thierry Miguel. Les deux camps devront s'entendre s'ils veulent tenter de l'emporter face à Guillaume Guerin (LR), arrivé en tête.
Dans d'autres communes, LFI se classe derrière les candidats socialistes. Mais leurs scores les placent dans une position stratégique. A Lille, la candidate insoumise, Lahouaria Addouche a créé la surprise, à moins de trois points du maire socialiste sortant Arnaud Deslandes. De part et d'autre, les discussions sont en cours avec le candidat arrivé en troisième position, l'écologiste Stéphane Baly.
A Nantes, Rennes, Montpellier ou encore Paris, les scores de LFI compliquent la volonté initiale du Parti socialiste de rompre avec son encombrant allié. "Il n'y aura pas d'accord national entre LFI et les socialistes à l'échelle nationale", a prévenu sur TF1 le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet. "Mais à l'échelle locale, s'il y a des clarifications politiques qui sont amenées, notamment par des candidats LFI, alors j'appelle ceux qui ont une convergence de fond sur les projets municipaux à travailler ensemble. Il n'est pas question de laisser des villes à la droite et à l'extrême droite", a-t-il complété, tout en appelant au retrait de l'insoumis Sébastien Delogu, arrivé quatrième à Marseille.
A Nantes, la maire sortante Johanna Roland (PS) est talonnée par Foulques Chombart de Lauwe (LR). A Rennes, également maire sortante, Nathalie Appéré (PS), soutenue par plusieurs formations de gauche, dispose d'une avance plus conséquente sur Charles Compagnon (Horizons-Renaissance-MoDem), mais ses réserves de voix sont limitées. Plaçant de ce fait les candidats LFI, William Aucant (troisième avec 11,2 %) et Marie Mesmeur (troisième avec 18,62 %) en position d'arbitres. A Paris, Sophia Chikirou, arrivée troisième avec 11,72 % des voix, a déclaré qu'elle se maintiendrait si Emmanuel Grégoire (PS) refusait une fusion.
Ce lundi, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a tendu la main aux autres formations de gauche, appelant à la constitution d'un "front antifasciste". Tout en fustigeant la "stratégie mortifère" décidée par certains cadres du PS depuis le début de la campagne. "Elle risque de conduire à ce que des centaines de villes basculent à droite et à l'extrême droite. Ça, ça doit s'arrêter." Les éventuelles fusions de listes devront être opérées avant mardi à 18 heures.