Municipales: 38 députés élus, quelles conséquences à l'Assemblée nationale?

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38 députés ont été élus aux municipales
38 députés (sur les 106 qui étaient candidats en tête d'une liste) ont été élus aux municipales : décompte par groupe politique - LCP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 23 mars 2026 à 18:40, mis à jour le Lundi 23 mars 2026 à 19:24

Ils sont 38 députés à avoir remporté l'élection municipale dans leur commune. Charge à eux désormais de choisir d'exercer la fonction de maire ou de poursuivre leur mandat de parlementaire. Certains l'ont déjà annoncé, d'autres pas encore. LCP vous explique l'impact du scrutin municipal sur la composition de l'Assemblée nationale.

Sur la centaine de députés candidats tête de liste aux municipales, 38 ont été élus (c'est ici pour le détail) à l'issue des deux tours de scrutin. Tous les groupes parlementaires, à l'exception de ceux des Écologistes et de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), sont concernés par d'éventuels départs de l'Assemblée nationale. Justement, quels impacts ces élections peuvent-elles avoir sur le Palais-Bourbon ? LCP fait le point sur ce que l'on sait et sur plusieurs questions restant en suspens. 

Combien partiront réellement du Palais-Bourbon ?

La plupart d'entre eux. Car la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats ne permet pas d'être, en même temps, maire et député. Les élus doivent donc faire un choix. Selon notre décompte, réalisé auprès des députés, ou en reprenant leurs déclarations notamment dans la presse locale, au moins 25 des 38 députés ont décidé de privilégier leur commune plutôt que leur siège à l'Assemblée nationale. 

C'est, par exemple, le cas des députés Ensemble pour la République Thomas Cazenave et Antoine Armand (qui deviendront respectivement maire de Bordeaux et d'Annecy), du socialiste Emmanuel Grégoire (Paris), de l'insoumis David Guiraud (Roubaix), du député Les Démocrates Olivier Falorni (La Rochelle), de l'élue de la Droite républicaine Véronique Louwagie (L'Aigle), de l'UDR Eric Ciotti (Nice), ou encore d'Alexandra Masson (Menton).

Au contraire, six députés ont d'ores et déjà indiqué qu'ils préféraient conserver leur mandat au Palais-Bourbon et qu'ils laisseront la mairie (avant ou après le premier conseil municipal au cours duquel les maires seront véritablement élus) à l'un de leurs adjoints un poste qu'ils pourront éventuellement récupérer en cas d'échec ou de non participation au prochain renouvellement législatif. 

Il s'agit de Michèle Tabarot (Droite républicaine, Le Cannet), de Philippe Juvin (Droite républicaine, La Garenne-Colombes), de Didier Padey (Les Démocrates, Jongieux), de Stéphane Hablot (Socialistes, Vandoeuvre-lès-Nancy), d'Antoine Valentin (UDR, Saint-Jeoire) et de Michel Criaud (Horizons, Muzillac). Pour ce dernier, un choix différent aurait entraîné une élection législative partielle (on y revient plus bas) : il est en effet le suppléant de la ministre Anne Le Hénanff et siège donc à l'Assemblée nationale depuis novembre 2025.

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Au moins 25 députés ont choisi de quitter l'Assemblée nationale - LCP

Reste sept députés pour lesquels LCP n'a pas trouvé de déclaration officielle à ce jour : les députés insoumis Aly Diouara (La Courneuve) et Abdelkader Lahmar (Vaulx-en-Velin) ; les RN Frédéric Boccaletti (Six-Fours-les-Plages) et Pascale Bordes (Bagnols-sur-Cèze) ; le député DR François-Xavier Ceccoli (San-Giuliano) ; le non-inscrit Lionel Vuibert (Faissault) et le Modem Philippe Bolo (Avrillé).

A noter : le code électoral précise que les députés élus maires ont un mois pour choisir entre cette fonction exécutive locale et leur mandat de parlementaire. 

-> Lire aussi - Municipales: Comment marche le "troisième tour" qui va maintenant permettre d'élire les maires?

Des élections législatives partielles seront-elles organisées ?

Si un député est élu maire et qu'il choisit d'honorer ce dernier mandat, c'est son suppléant qui le remplace à l'Assemblée nationale. Pas besoin d'organiser une nouvelle élection législative partielle. Sauf si… le suppléant ne peut, ou ne veut pas, siéger au Palais-Bourbon.

Dans le cas présent, plusieurs interrogations demeurent. Car plusieurs d'entre eux viennent, eux aussi, d'être élus maires à l'occasion des municipales. C'est le cas d'Eric Gérard, le suppléant d'Harold Huwart (Liot), à La Loupe (Eure-et-Loir). Et de Patricia Maussion, la suppléante de Philippe Bolo (Les Démocrates), à Loiré (Maine-et-Loire). Lâcheront-ils leur mairie pour rejoindre l'hémicycle ? Oui, a de son côté répondu Jérôme End, le suppléant de Fabien di Filippo (DR), qui porte l'écharpe tricolore à Vic-sur-Seille (Moselle). Un choix similaire a été fait par Pauline Cestrières, qui a gagné à Montézic (Aveyron), mais qui va quand même suppléer Stéphane Mazars (EPR), élu à Rodez.

Une incertitude subsiste également concernant le suppléant de Philippe Vigier, nouveau maire de Châteaudun. Son suppléant Laurent Leclercq était candidat à sa succession aux municipales à Toury (Eure-et-Loir) et a perdu dans cette ville qu'il dirigeait depuis 2008. "Il aura un mois pour se décider. Il faut le laisser tranquille après cette défaite difficile où ça s'est joué à six voix", a récemment expliqué Philippe Vigier à L'Echo Républicain. Laurent Leclercq a déjà siégé à l'Assemblée nationale entre 2023 et 204 quand Philippe Vigier était ministre délégué chargé des Outre-mer, dans le gouvernement d'Elisabeth Borne.

Deux nouveaux présidents de groupe devront être désignés 

A cause des élections municipales, deux groupes parlementaires devront désigner de nouveaux présidents. A savoir le groupe Horizons, qui a vu son chef de file Paul Christophe élu maire de Zuydcoote au premier tour. Et le groupe Union des droites pour la République avec la victoire d'Eric Ciotti à Nice

Il n'y aura finalement pas de changement à la questure

Deux des trois questeures de l'Assemblée nationale étaient candidates en tête d'une liste lors des élections municipales. Mais finalement, le trio féminin restera en place. En effet, la première d'entre elles, Christine Pirès-Beaune (Socialistes), n'est pas parvenue à s'imposer à Riom. Et Michèle Tabarot (Droite républicaine) a, certes, enregistré un succès au Cannet, mais a décidé de poursuivre son mandat parlementaire, plutôt que de devenir maire.  

(Infographies réalisées par Maël Morin pour LCP)