"Notre-Dame de Paris est sauvée", affirme Roselyne Bachelot

Actualité
Image
Martin BUREAU / AFP
par Maxence Kagni, le Mardi 24 novembre 2020 à 17:54, mis à jour le Mardi 24 novembre 2020 à 20:37

Auditionnée à l'Assemblée nationale, la ministre de la Culture a salué l'achèvement de la dépose de l'échafaudage sinistré, qui menaçait la stabilité de la cathédrale. Elle a également répondu aux critiques formulées fin septembre par la Cour des comptes à propos de la gestion et de l'utilisation des fonds issus de la souscription nationale.

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot était auditionnée, mardi, par la mission d'information relative à l'application de la loi pour la conservation et la restauration de Notre-Dame.

Devant les députés réunis en visioconférence, la ministre s'est félicitée de l'achèvement ce mardi de "l'opération de dépose de l'échafaudage sinistré", qui avait été fortement endommagé lors de l'incendie des 15 et 16 avril 2019.

"On pouvait encore avoir des doutes sur la solidité de la structure", a expliqué Roselyne Bachelot, évoquant une "crainte" désormais "définitivement derrière nous". 

Notre-Dame de Paris est sauvée, on le sait depuis aujourd'hui. Roselyne Bachelot

"Le chemin est encore long", a précisé la ministre de la Culture, qui estime que les travaux de restauration ne pourront pas débuter avant l'été 2021.

"Désaccord" sur la gestion des dons

Roselyne Bachelot a, à plusieurs reprises, été interpellée par la présidente de la mission d'information Brigitte Kuster (Les Républicains) sur l'utilisation des 824 millions d'euros de dons récoltés lors de la souscription nationale lancée pour sauver la cathédrale.

Fin septembre, un rapport de la Cour des comptes a pointé le financement, avec ces dons, des "dépenses de fonctionnement de l'établissement public" chargé de gérer les travaux. 5,9 millions d'euros ont été utilisés à cette fin.

Or, rappelle la Cour, l'article 2 de la loi du 29 juillet 2019 précise que "les fonds recueillis sont exclusivement destinés au financement des travaux de conservation et de restauration de la cathédrale ainsi qu'à la formation initiale et continue de professionnels disposant des compétences particulières qui seront requises pour ces travaux".

Mardi, la ministre de la Culture a démenti toute "tromperie", affirmant que "les frais de fonctionnement ne sont pas détachables du chantier" de conservation. Roselyne Bachelot a par ailleurs rappelé que lors de l'examen de la loi du 29 juillet 2019, son prédécesseur Franck Riester avait "exprimé de façon claire" sa volonté de permettre un tel financement.

"La parole des ministres ne prend pas le pli sur la loi", a répondu Brigitte Kuster. La ministre de la Culture a acté son "désaccord" avec la députée, ajoutant que les dépenses étaient plafonnées à 5% des sommes recueillies, soit 40 millions d'euros sur cinq ans.

Pas de vitraux modernes

Par ailleurs, Roselyne Bachelot a mis un terme à la polémique naissante sur un éventuel remplacement des vitraux "en grisaille" de Notre-Dame de Paris par des oeuvres contemporaines.

"La France a signé la convention de Venise de 1964 qui rend absolument impossible tout dépôt de ces vitraux et tout remplacement par des oeuvres modernes", a affirmé la ministre.

Roselyne Bachelot a également annoncé l'abandon de l'idée de mettre en place un parapluie géant protégeant la cathédrale, en raison de son poids et des risques qu'il ferait courir à la stabilité de l'édifice. La ministre a réaffirmé que l'échéance d'une "pleine réouverture" au public, fixée à avril 2024, était toujours d'actualité.