"Pour lapider les homosexuels, votez LFI" : les propos de Laurent Jacobelli (RN) indignent la gauche

Actualité
par Maxence Kagni, le Jeudi 22 janvier 2026 à 12:27, mis à jour le Jeudi 22 janvier 2026 à 12:53

En ciblant violemment La France insoumise, le député Rassemblement national Laurent Jacobelli a provoqué de vives tensions dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, avec pour conséquence des interruptions de séance à répétition lors de la "niche parlementaire" du groupe Droite républicaine. Le Bureau de l'Assemblée nationale se saisira de propos de l'élu RN le 18 février prochain.

Des propos tour-à-tour jugés "insultants", "graves", "infamants"... Le député Rassemblement national Laurent Jacobelli a provoqué, ce jeudi 22 janvier, l'indignation de la gauche en mettant en cause La France insoumise de façon particulièrement virulente : "Les frères musulmans veulent lapider les homosexuels, si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI", a notamment déclaré l'élu de la Moselle, qualifiant le groupe présidé par Mathilde Panot de "Frères islamistes".

"Les Frères musulmans veulent faire des femmes des fantômes et les servantes des hommes, si vous voulez aussi invisibiliser les femmes, votez LFI", a encore lancé Laurent Jacobelli, qui a qualifié La France insoumise de "parti de l'étranger".

Multiples rappels au règlement

L'élu RN s'exprimait dans le cadre de la journée d'initiative parlementaire des députés de la Droite républicaine, alors que l'Assemblée nationale examinait une proposition de résolution "visant à inscrire la mouvance des frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes" à laquelle s'oppose notamment La France insoumise.

Ses propos ont aussitôt été contestés par la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, mais aussi par le député insoumis Pierre-Yves Cadalen : "Étant moi-même député, étant homosexuel, je ne peux un seul instant tolérer que vous insinuiez que mon engagement aille à l'encontre de l'égalité humaine !", a déclaré l'élu du Finistère.

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Aurélien Saintoul (LFI) a également demandé une saisine du bureau et souhaité que Laurent Jacobelli puisse "retirer ses propos". Le reste de la gauche, par la voix de Cyrielle Chatelain (Ecologiste et Social), Colette Capdevielle (Socialistes) ou encore Elsa Faucillon (Gauche démocrate et républicaine) a soutenu les demandes de La France insoumise, multipliant les rappels au règlement. 

Le Bureau saisi le 18 février

Face au tumulte et aux suspensions de séances qui pourraient compromettre la suite de la "niche parlementaire" de la Droite républicaine, le député DR Xavier Breton a demandé au président de séance, Sébastien Chenu (RN), d'appliquer plus strictement le règlement afin de limiter les prises de parole de la gauche.

Après une nouvelle suspension de séance de quinze minutes, obtenue par Mathilde Panot, le vice-président de l'Assemblée nationale Sébastien Chenu (RN) a expliqué que le Bureau de l'Assemblée nationale serait saisi des propos de Laurent Jacobelli le 18 février prochain.

Sébastien Chenu saisira le bureau pour des "menaces physiques" d'Antoine Léaument

Le vice-président de l'Assemblée nationale Sébastien Chenu (RN) a annoncé ce jeudi, dans l'hémicycle, qu'il allait saisir le bureau de l'Assemblée nationale à propos de l'attitude du député LFI Antoine Léaument : "Je saisis le bureau pour vos menaces physiques !", a-t-il déclaré. 

Antoine Léaument, qui reprochait à Sébastien Chenu d'avoir interrompu prématurément son rappel au règlement, s'est levé de son banc pour interpeller avec véhémence le vice-président de l'Assemblée nationale en le rejoignant au pied du "perchoir".

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Interrogé par LCP, Sébastien Chenu donne sa version des faits : "Antoine Léaument est descendu en hurlant et remettant en cause ma présidence et donc je lui ai fait un rappel à l’ordre puis ne se calmant pas il m'a menacé en disant 'descendez on va discuter face-à-face'". Antoine Léaument, lui, affirme simplement avoir dit "Descendez discuter avec moi".


M.K et Elsa Mondin-Gava