Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a estimé dimanche que les préfets n'avaient "pas de leçons d'impartialité à recevoir" après que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des "procès" intentés par des préfets à l'encontre de députés de La France insoumise et exigé un "État impartial".
Tout est parti du discours de clôture des universités d'été de La France Insoumise, prononcé dimanche 23 août par Jean-Luc Mélenchon. "Nous voulons un État impartial où des préfets sont priés de retourner dans leurs bureaux et de cesser de faire des procès aux députés Insoumis devant lesquels, comme devant n'importe quel député, ils doivent faire un salut militaire réglementaire", a lancé Jean-Luc Mélenchon. "Nous ne sommes pas vos copains", a poursuivi le candidat à l'élection présidentielle à l'égard des préfets, dont certains avaient déjà subi des attaques du leader Insoumis l'an dernier.
A l'époque, le préfet du Val-d'Oise Philippe Court et Laurent Nunez, alors préfet de police de Paris (aujourd'hui ministre de l'Intérieur), avaient porté plainte contre deux députés Insoumis, Aurélien Taché et Aly Diouara, pour avoir affirmé que "la police tue".
"Nous voulons un État impartial où, du préfet au guichet, nul n'est jugé sur son appartenance politique supposée, son adresse ou sa couleur de peau", a encore déclaré le chef de file de LFI dimanche.
Laurent Nunez a réagi dimanche après-midi, sur X, aux propos de Jean-Luc Mélenchon : "Les préfets n'ont pas de leçons d'impartialité à recevoir. Serviteurs de l'État, garants dans les territoires des intérêts nationaux, du respect des lois et des principes de notre Constitution, ils agissent chaque jour avec neutralité et dans le seul but de garantir l'intérêt général". "Les mettre en cause ou les sommer de 'retourner dans leur bureau' méconnaît profondément leur rôle et leur engagement au service de la République", a poursuivi le ministre de l'Intérieur.
L'Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur (ACPHFMI) avait annoncé à l'été 2025 déposer plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour des "menaces". "La confiance des autorités de la République n'a jamais fait défaut aux préfets, pas plus que l'estime de nos concitoyens. Nulle outrance verbale ne les détournera de leur devoir", avait cinglé l'organisation dans son communiqué.
Dimanche, Marine Le Pen s'est aussi invitée dans cette polémique en épinglant les "menaces" de l'Insoumis qu'elle a jugées "inacceptables et indignes". "Je suis convaincue pour ma part que ces serviteurs essentiels de l'État, déjà mis à mal à travers la suppression du corps préfectoral opérée par Emmanuel Macron, seront au contraire les piliers de la renaissance de notre pays", a insisté sur X la candidate du Rassemblement national.
"Madame Le Pen trouve normal que des préfets poursuivent en justice des députés insoumis, laissent nos élus se faire insulter dans les cérémonies officielles, et ne fassent strictement rien quand nous sommes agressés. Elle devrait demander à bénéficier de ce service", a rétorqué Jean-Luc Mélenchon en retour sur le même réseau social.
Également candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau a, pour sa part, dénoncé sur X "le déshonneur et l'indignité" du leader de La France insoumise. "Ces menaces et ces invectives ne feront jamais reculer la République. La France n’est ni Cuba ni le Venezuela : ici, les représentants de l’État ne rendent de comptes à aucun parti", a ajouté le président des Républicains, en exprimant "tout (son) soutien non seulement aux préfets, mais à tous les agents du service public qui se mettent chaque jour au service de nos concitoyens".
(avec AFP)