Jean-Luc Mélenchon annonce la censure du budget et estime que "la victoire est possible" en 2027

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Jean-Luc Mélenchon à Châteauneuf-sur-Isère, le 23 août 2026.
Jean-Luc Mélenchon à Châteauneuf-sur-Isère, le 23 août 2026. ARMAND GESQUIERE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Dimanche 23 août 2026 à 19:46

Lors du discours de clôture de l'université d'été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), Jean-Luc Mélenchon a promis ce dimanche que les députés de son mouvement censureraient le gouvernement Lecornu sur son projet de budget 2027 "qui va aggraver tous les maux" de l'économie française.

"L'économie française était sur le fil du rasoir de la récession. Elle va plonger car Lecornu prépare un nouveau bûcher de coupes rases qui va aggraver tous les maux", a déclaré Jean-Luc Mélenchon ce dimanche 23 août, en prenant la parole pour clôturer la rentrée politique de son mouvement, qui avait lieu à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme). Le leader de La France insoumise, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a d'ores et déjà arrêté la position des siens sur ce texte : "Ne nous demandez pas, je ne sais pas quelle bienveillance à son égard. Une fois de plus, nous le censurerons."

Sébastien Lecornu avait mis en garde samedi, dans une lettre adressée aux parlementaires, contre la tentation d'attendre la présidentielle pour adopter un budget en 2027, ce qui serait, aux yeux du Premier ministre, "le choix du désordre".

"Voyez tous ces gens qui nous ont conduits à ce désastre, venir nous donner des leçons sur la manière de bien gérer. Nous nous engageons une fois au gouvernement à remettre de l'ordre dans les comptes publics, car nous en sommes capables", a lancé Jean-Luc Mélenchon en guise de réponse.

"C'est déserter", rétorque Sébastien Lecornu

Pour redonner des marges de manœuvre au budget de l'État, La France insoumise promet "de faire payer l'impôt aux dizaines de milliers de grandes fortunes et aux multinationales qui n'en payent pas", d'instaurer "une taxe sur les superprofits comme la réclament six pays européens" et de relancer "la consommation populaire et l'investissement par l'augmentation des salaires et la suppression des niches fiscales prédatrices", a développé le candidat à la tribune.

Une sortie qui a fait réagir Sébastien Lecornu. "Annoncer la censure avant même d’avoir travaillé le projet proposé, ce n’est pas faire son travail : c’est déserter", a écrit le Premier ministre sur X, en répondant à la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, qui déplorait le "chantage" à la censure du gouvernement. Il a également critiqué la proposition de Jean-Luc Mélenchon que la Banque centrale européenne "mette au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid".

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"Les intérêts de la dette détenue par la Banque de France (au nom de la BCE, NDLR) et perçus par celle-ci sont reversés au Trésor public sous forme de dividendes. Autrement dit ce que vous proposez ne rapporte rien", souligne Sébastien Lecornu. "En revanche, cela détruirait l’actif le plus important de notre pays, la confiance (...). Si la France, qui doit lever 310 milliards d’euros cette année, reniait sa propre signature, qui nous prêtera encore ? Au mieux les prêteurs s'ils acceptent de prêter encore exigeront des taux prohibitifs", a aussi averti le chef du gouvernement.

Cette fois, c'est l'Insoumis qui lui a répondu, dénonçant "les insultes et le mépris" du Premier ministre, qui, juge-t-il, "arrive dans un débat en cours depuis vingt ans chez les économistes comme un éléphant dans un magasin de porcelaine".

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"La victoire est possible"

Au cours de son discours qui a duré 45 minutes, dimanche, devant 10.000 personnes selon LFI, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau affirmé sa volonté de transformer les régions administratives actuelles en "écorégions", découpées à partir des bassins versants des cours d'eau. Et a placé sa rentrée politique sous le signe de l'écologie, en proposant une "conscription écologique" pour lutter notamment contre les incendies qui ont ravagé le pays cet été.

"Pour s'adapter, il est vital de tout changer dans nos manières de vivre, de produire et d'échanger", a-t-il lancé, en pourfendant le "règne du chacun pour soi néolibéral et de l'irresponsabilité écologique". 

Alors que le tribun insoumis est donné en tête à gauche par les sondages, juste derrière Edouard Philippe, les Insoumis espèrent un ralliement des Écologistes, actuellement tiraillés sur la pertinence de la candidature autonome de leur dirigeante Marine Tondelier, sondée à moins de 5%. "Nous venons honnêtement en disant ce que nous allons faire, en proposant clairement, nettement, comment le faire. Et nous renvoyons chacun à sa conscience", a insisté Jean-Luc Mélenchon, qui a ouvert son allocution en clamant : "La victoire est possible".

(avec AFP)