Lors de la rentrée du parti Les Écologistes, la secrétaire nationale et candidate à l'élection présidentielle, Marine Tondelier, a une nouvelle fois tendu la main aux socialistes et aux insoumis. "Nous n’avons pas le droit de perdre chacun de notre côté une élection que nous pouvons gagner ensemble", a-t-elle déclaré à la tribune, alors que son propre camp se divise sur la stratégie à suivre.
Elle était la première des responsables de gauche à prendre la parole en cette rentrée politique. Dans un discours prononcé ce vendredi 21 août aux journées d'été de son parti, organisées à Grenoble (Isère), l'écologiste Marine Tondelier a eu un mot à l'intention de ses (ex)-partenaires de gauche, quelques jours après leur avoir proposé, sans guère de succès, des "rencontres bilatérales" en vue de la présidentielle de 2027.
Affirmant "savoir" ce que l'extrême droite "ferait du pouvoir" en cas de victoire de Marine Le Pen, elle leur a lancé, prônant "l'unité" : "Nous n’avons pas le droit de perdre chacun de notre côté une élection que nous pouvons gagner ensemble. Et surtout pas celle-là."
Nous, Écologistes, sommes prêts pour un travail partagé. Et les autres ? Marine Tondelier
Alors Marine Tondelier a appelé à "un sursaut collectif à gauche", car "aucune famille politique à gauche n'est en mesure de gagner seule la présidentielle". "Nous, Écologistes, sommes prêts pour un travail partagé. Et les autres ?", s'est interrogée celle qui, pour l'heure, maintient sa candidature dans la course à l'Élysée. "Nous ne voulons pas passer les mois qui viennent à voir une gauche occupée à essayer de tuer l'autre moitié, en espérant que nous, écologistes, les aideront l'un ou l'autre à appuyer sur la gâchette", a renchéri la secrétaire nationale d'un mouvement, où certains plaident pour un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) comme la députée Sandrine Rousseau ; d'autres avec Raphaël Glucksmann (Place publique) comme le sénateur Yannick Jadot.
A ceux-là, elle rétorque : "Ne pensez pas que tourner le dos à la possibilité de l’unité en cédant à l’injonction de devoir choisir un camp au sein d’une gauche qu’on acterait comme définitivement irréconciliable, ce n’est pas une clarification mais acter définitivement l'éparpillement des voix."
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A la tribune, Marine Tondelier a également critiqué l'action d'Emmanuel Macron et de son camp politique, et s'en est pris aux "renoncements" du gouvernement au motif que "l'écologie couterait trop cher". "Oui. L'écologie a un coût. Mais elle n'a pas de prix", a-t-elle fait valoir, ajoutant : "Voilà l'absurdité fondamentale de leur raisonnement, ils comptent toujours le coût de l'action, mais jamais la facture de l'inaction."
Pour la secrétaire nationale, l'écologie est "la mère de toutes les batailles", puisque "si nous la perdons, nous ne serons simplement plus là pour en mener d'autres".
On ne combat pas une canicule à coups de biceps. Marine tondelier
Condamnant les sorties en jet-ski du chef de l'État à Bormes-les-Mimosas (Var) "au cœur d’un été de canicules et d'incendies", Marine Tondelier a appelé à des "politiques publiques ambitieuses" pour lutter contre le dérèglement climatique, plutôt qu'à des "muscles saillants". "On ne combat pas une canicule à coups de biceps. On ne remplit pas les nappes phréatiques en faisant des pompes. On n'arrête pas un incendie en contractant les abdominaux", a-t-elle poursuivi, avant d'accoler le mot écologie au terme "liberté", "un mot que l'on oppose si souvent aux écologistes".
"Nous serions ceux qui veulent interdire, contraindre, empêcher", a-t-elle déclaré, avant de développer, assurant vouloir porter cette "valeur très forte" dans la campagne présidentielle : "Mais c'est exactement l'inverse, l'écologie, c'est la liberté."