Budget 2027: pour Sébastien Lecornu, "attendre la présidentielle, c'est choisir le désordre"

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Sébastien Lecornu sortant de l'Elysée, le 22 juillet 2026.
Sébastien Lecornu sortant de l'Elysée, le 22 juillet 2026. CARINE SCHMITT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Samedi 22 août 2026 à 20:34, mis à jour le Samedi 22 août 2026 à 20:38

Le Premier ministre a écrit une lettre aux parlementaires ce samedi 22 août pour parler du budget 2027 à venir. Sébastien Lecornu y explique pourquoi, à ses yeux, il est essentiel qu'un texte soit adopté d'ici la fin de l'année. Il évoque aussi la méthode et affirme qu'il laissera le temps aux débats et à la recherche de compromis.

Après ses lettres aux agriculteurs, c'est aux parlementaires que Sébastien Lecornu s'est adressé ce samedi 22 août. Dans un long courrier de quatre pages publié dans la soirée sur X, le Premier ministre évoque l'exercice budgétaire à venir, et qui concentre déjà beaucoup d'attention (ici ou ). Sa priorité affichée ? Que le budget pour 2027 soit adopté d'ici à la fin de l'année et ce, malgré l'élection présidentielle qui se tient dans moins de huit mois. "J'entends parfois l'idée selon laquelle l'absence de budget serait finalement une solution confortable (...) c'est faux", écrit Sébastien Lecornu.

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"Choisir d'attendre l'élection présidentielle pour adopter un budget pour 2027, c'est choisir le désordre", estime le Premier ministre, qui revient sur l'hypothèse d'une longue loi spéciale et explique, s'appuyant sur le rapport rendu par l'Inspection générale des finances (on vous en parlait ici), qu'un tel scénario équivaudrait à "amputer d'emblée le prochain quinquennat de plusieurs mois d'action".

"Ce ne sera pas un budget de non-choix"

Le chef du gouvernement, qui présentera le projet de loi de finances (PLF) en Conseil des ministres fin septembre, avant son examen par le Parlement, appelle à "ne pas ajouter une incertitude budgétaire à toutes les autres. "Dans un tel moment, voter un budget, c'est ne pas offrir de prise aux mouvements spéculatifs ; c'est protéger la stabilité financière de la France et notre liberté de décision", ajoute Sébastien Lecornu.

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Ce dernier affirme également qu'il sera plus facile pour le gouvernement élu en 2027 de "corriger, réorienter ou modifier" un budget qui aura été voté ; alors qu'"on ne peut pas modifier un budget qui n'a pas été adopté". Et rappelle que la nouvelle composition de l'Assemblée nationale qui sortira des urnes l'année prochaine – en cas de, probables, élections législatives anticipées – pourrait être la même qu'aujourd'hui, et qu'il faudra alors là aussi faire "des compromis".

Concernant le projet de loi de finances à venir, le Premier ministre assure que "ce ne sera pas un budget de non-choix" et qu'il comportera, comme le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), "des réformes structurelles. "Une Nation qui ne maîtrise plus ses comptes perd une partie de sa liberté. Mais une Nation qui, pour maîtriser ses comptes, renoncerait à préparer son avenir la perdrait tout autant", écrit-il aussi.

"Nous prendrons le temps nécessaire au débat"

Dans sa lettre, Sébastien Lecornu a aussi un mot pour ceux qui "réclament déjà un 49.3" ou des ordonnances, avant que le débat n'ait débuté et de savoir ce que contient le texte. "Nous ne ferons rien dans la précipitation", affirme-t-il, estimant que le budget est "une affaire trop sérieuse pour que l'on décide de son épilogue avant d'en avoir écrit la première ligne". 

"Nous prendrons donc le temps nécessaire au débat, à la confrontation des choix et à la recherche de compromis", insiste le Premier ministre, qui renchérit : "Nous ne subirons aucun calendrier politique."