Le patron du PS, Olivier Faure, entend faire trancher les militants socialistes le 9 juillet sur la désignation d'un candidat unique allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. Il propose une primaire en deux temps, avec un scrutin d’abord organisé entre socialistes et Place publique. Le vainqueur se soumettrait ensuite à un second vote, intégrant le reste des prétendants de gauche, hors France insoumise.
C'est tard dans la nuit de mardi à mercredi qu'Olivier Faure a dévoilé ses dernières propositions en vue de la présidentielle de 2027. Le patron du Parti socialiste est toujours ouvert aux tractations sur la stratégie à employer, mais avec une date butoir, celle du 9 juillet. Di'ici là, le député de Seine-et-Marne espère trouver un accord allant de "Ruffin à Glucksmann", selon son entourage.
Lui-même partisan d'une primaire pour dégager un candidat unique de la gauche hors-LFI, une solution qui divise jusque dans son propre camp, Olivier Faure reste déterminé pour trouver une stratégie qui "donne une perspective à une victoire de la gauche démocratique et écologique", insiste ses proches. Mais "nous ne pouvons pas devenir la gauche la plus bête du monde au moment où la menace de l'extrême droite n'a jamais été aussi crédible", soutient la même source, estimant qu'il est "temps de se mettre en mouvement".
À ce stade, la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, et les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout) et Benjamin Lucas-Lundy (Génération.s) se sont portés candidats à une primaire de la gauche hors-LFI programmée le 11 octobre. Mais pas Raphaël Glucksmann, le co-président de Place publique. Au sein du PS, cette voie ne fait pas non plus consensus, et les tensions ont culminé avec le départ de la direction du PS du chef des députés socialistes, Boris Vallaud, opposé à un tel processus qu'il juge contre-productif et trop étriqué sans Raphaël Glucksmann.
Ce mardi soir, Olivier Faure a donc dégainé une nouvelle piste pour sortir de l'impasse : une sorte de double primaire. La première se jouerait globalement entre les candidats membres du Parti socialiste et Raphaël Glucksmann. "Les militants et plus largement celles et ceux qui se reconnaissent dans l'espace de la gauche socialiste et social-démocrate seraient amenés à désigner leur candidat", souligne l'entourage du patron du PS.
Le vainqueur participerait ensuite à une deuxième primaire, ouverte, avec le "reste de la gauche démocratique et écologique", ce qui exclut La France insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce scénario a été présenté mardi soir par Olivier Faure a une centaine de membres de son courant, a précisé un participant à la réunion. Reste à convaincre l'ensemble des courants du Parti socialiste du bien-fondé de ce scénario.
Raphaël Glucksmann pourrait y voir un intérêt, puisque le gagnant de la première primaire "rentrerait dans le deuxième round en étant le candidat légitime du camp social-démocrate", explique un proche d'Olivier Faure. Quant à Marine Tondelier, cette proposition a le mérite de conserver l'idée d'un processus démocratique entre partenaires de gauche qu'elle réclame, ajoute le même.
A ce stade, la question qui sera posée aux adhérents le 9 juillet n'est pas fixée, le processus étant toujours en cours. En cas de validation, outre Raphaël Glucksmann, pourraient être candidats à la primaire de député Jérôme Guedj et Boris Vallaud, le président des socialistes à l'Assemblée nationale. Sans compter Olivier Faure : "C'est possible et légitime qu'Olivier Faure se porte candidat à la primaire de la gauche et à la présidentielle. Sa personnalité et son tempérament feraient beaucoup de bien à la vie politique", a déclaré ce mercredi matin Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, sur Sud Radio.
(Avec AFP)