Dans un peu plus d'un an se tiendra l'élection présidentielle. D'ici là, chaque camp fourbit ses armes, mais les scénarios, comme les prétendants, sont nombreux. Et il n'est pas simple d'y voir clair, tant les stratégies en vue de 2027 se font aussi par étapes. LCP fait le point sur les volontés – à date – des uns et des autres, à droite et à gauche.
Fini les municipales, place à la présidentielle. L'ombre du scrutin de 2027 planait déjà depuis des mois sur les différentes formations politiques. Elles peuvent désormais s'en emparer pleinement. Problème
Pour l'heure, et c'est bien de ces deux côtés de l'échiquier politique que c'est le plus simple, le Rassemblement national et la France insoumise sont déterminés à aller à la présidentielle, coûte que coûte, et en solo. Avec d'un côté, Marine Le Pen ou Jordan Bardella – en fonction de la décision de la cour d'appel de Paris attendue pour le 7 juillet –
Pour le reste, les choses sont plus compliquées. Commençons par la droite. Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a déclaré lundi soir sur France 2 qu'il sera candidat "dans tous les cas" à l'élection présidentielle. Mais le lendemain, le bureau politique de son parti arrêtait les options qui seront soumises aux adhérents en avril : voter pour Bruno Retailleau lui-même ou pour une primaire interne, qui serait ouverte soit uniquement aux adhérents, soit aux adhérents et aux sympathisants "dans le cadre d'un nouveau statut créé". En interne, certains y voient une manœuvre de Bruno Retailleau – élu par 75% de ses militants il y a moins d'un an à la tête de LR – pour légitimer sa propre candidature.
Car, et c'est le problème, tous ne partagent pas la ligne de leur chef. Son principal opposant Laurent Wauquiez en tête. "Je l'ai dit à Bruno : persister à faire croire qu'on peut désigner un candidat entre nous à LR, c’est une erreur et une faute", explique le patron des députés, qui défend, lui, l'organisation d'une primaire ouverte, allant "de Gérald Darmanin à Sarah Knafo", soit en l'ouvrant à Reconquête, le mouvement d'Eric Zemmour. "Il faut un grand rassemblement de la droite pour 2027", a-t-il répété jeudi sur Instagram, paperboard et feutre noir en main. Eric Zemmour est d'ailleurs favorable à une primaire de la droite élargie.
La ligne est la même du côté de David Lisnard, qui n'exclut pas, en fonction de ce qui sera justement décidé à droite, de se présenter à la présidentielle. Entre-temps, mécontent des propositions faites par le bureau politique de LR, il a toutefois annoncé mercredi matin son prochain départ du parti.
Ouvrir à Reconquête
De son côté, Gérald Darmanin n'exclut pas d'ouvrir la primaire de la droite et du centre qu'il appelle de ses vœux à une partie de la gauche, celle "républicaine qui refuse La France insoumise".

Une primaire, Xavier Bertrand, lui, ne veut pas en entendre parler. "Je ne rentrerai pas dans une logique qui consiste à dire que ce sont les partis qui sélectionnent", justifiait le président LR des Hauts-de-France, en février sur France Inter.
Edouard Philippe, non plus, "ne croit pas à la primaire"
Et Gabriel Attal dans tout ça
"Il n'y aura pas de primaire. le truc va mourir de sa belle mort. La sédimentation [entre les différents candidats] va se faire dans le temps", avance auprès de LCP un député Ensemble pour la République.
Merci, mais non merci. "Qu'il arrête de rêver", a rétorqué l'intéressé, interrogé sur le souhait de Gérald Darmanin d'élargir le rassemblement de la droite et du centre à la gauche républicaine. "C'est une blague", a encore déclaré Olivier Faure.
Reste que le Parti socialiste – et la gauche en général – est loin d'avoir trouvé sa formule magique pour 2027. Une primaire ou pas de primaire
Sauf qu'elle pourrait ne jamais avoir lieu. A Tours, Olivier Faure était dans une démarche personnelle, sans l'aval du parti qu'il dirige, mais avait promis de consulter les militants socialistes. Depuis, les municipales sont passées par là et le premier secrétaire est affaibli dans son propre camp. Pour 2027, le courant du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol préfère un autre périmètre social-démocrate, allant du PS jusqu'à Raphaël Glucksmann (Place publique) – qui prépare sa candidature, mais refuse de le faire dans le cadre d'une primaire – et l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. "Il ne faut pas perdre son temps dans je ne sais quelle alliance, dans je ne sais quelle primaire", estime pour sa part François Hollande, sur la même ligne.

Quant à Boris Vallaud, le président du groupe Socialistes à l'Assemblée nationale, il plaide pour la désignation d'abord d'un candidat du PS, avant un rassemblement plus large, sans LFI. Le député socialiste Jérôme Guedj a, lui, annoncé en février être candidat à la présidentielle sans passer par l'éventuelle case primaire.
"Personne ne croit plus beaucoup à la primaire", concède à l'AFP le président du conseil national du PS Luc Broussy, un proche d'Olivier Faure. Mais la non-participation du PS à la primaire annoncée pour le 11 octobre pourrait créer un effet boule de neige. "Si les socialistes ne viennent pas, ils plombent la primaire c'est sûr", admet l'écologiste Marine Tondelier. Et après
Côté Parti communiste, la stratégie en vue de la présidentielle sera arrêtée lors du Congrès ; mais Fabien Roussel, déjà candidat en 2022, n'exclut pas d'y retourner.
A noter également : la candidature de Delphine Batho "pour reconstruire une écologiste capable de gouverner". Ou encore les velléités de grand retour de l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin.
(Infographies réalisées par Maël Morin pour LCP)