Un décret publié au Journal officiel, ce mardi 21 juillet, encadre les conditions requises pour devenir "indic'" de la police, en tenant compte de la loi contre le narcotrafic adoptée par le Parlement en avril 2025.
Comment devenir "indic" ? Un décret publié au Journal officiel, ce mardi, vient déterminer les conditions du recours aux informateurs par les enquêteurs de la police et de la gendarmerie nationales dans le cadre de leurs investigations. Ce texte réglementaire est pris dans le cadre de la loi "visant à sortir la France du piège du narcotrafic" promulguée le 13 juin 2025, qui contient un article lié à la gestion des "indics".
Ces informateurs peuvent être rétribués pour les renseignements qu'ils ont apportés aux forces de l'ordre, si elles permettent de couvrir des crimes et délits. Afin de protéger les "indics", leur identité n'apparaît pas dans la procédure. La loi contre le narcotrafic précise bien que les relations entre un "tonton" et son agent traitant ne peuvent inciter, de manière à la déterminer, à la commission d'une infraction. Le texte prévoit aussi les conditions d'infiltration des informateurs.
Seuls les agents habilités peuvent recourir aux "indics", une habilitation qui peut leur être retirée à tout moment. Pour devenir indic, il faut être majeur, ne pas appartenir à une administration publique, et être "immatriculé" par un service de police ou de gendarmerie, prévoit le décret publié ce mardi. Cette immatriculation doit impérativement être approuvé par l'autorité hiérarchique du service, après une évaluation collégiale. Cette évaluation est renouvelée au minimum tous les deux ans. Il peut être mis fin à tout moment à la relation d'un agent traitant avec son "tonton", notamment lorsqu'elle présente un risque.
Le décret vient donc encadrer le recours aux informateurs, alors que plusieurs scandales ont éclaboussé la police judiciaire ces dernières années. L'ancien patron de la lutte anti-stupéfiants, François Thierry, a été condamné en mars 2026 à un an de prison avec sursis dans l’affaire des 7 tonnes de cannabis saisies à Paris. Le "grand flic" était soupçonné d’avoir couvert leur importation par son informateur, Sofiane Hambli, un baron de la drogue ayant permis de résoudre des dizaines d'affaires. Cette affaire avait entraîné la fin de l’Ocrtis, déjà empêtrée dans la gestion de plusieurs informateurs hors cadre légal, et la création de l'office anti-stupéfiants en 2020.