"Réapprenons à aimer notre pays": une proposition de loi pour enseigner la défense nationale dès la 6e

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Une classe de classe (illustration)
Une classe de classe (illustration) (Crédit: MChe Lee - Unsplash)
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 25 mars 2026 à 15:50

Une proposition de loi "visant à renforcer l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté" sera examinée jeudi lors de la "niche" du groupe Les Démocrates. Son rapporteur, Christophe Blanchet, souhaite que l'école devienne le lieu privilégié de sensibilisation à la défense pour créer les conditions d'une cohésion nationale renforcée, dans un climat qu'il juge de plus en plus incertain.

Faire de l'enseignement de la défense "un outil de résilience nationale". Tel est l'objectif affiché de la proposition de loi portée par Christophe Blanchet, qui sera examinée lors de la journée d'initiative parlementaire réservée au groupe Les Démocrates, jeudi 26 mars.

Partant du constat que "depuis la suspension du service national obligatoire en 1997, une part croissante de la jeunesse ignore les principes et les acteurs de la défense nationale", le rapporteur du texte estime que le contexte devrait favoriser une prise de conscience collective. Et de citer l'exemple des pays baltes, qui vivent en permanence avec la menace d'une agression russe. "En Estonie, les lycéens bénéficient d’un cours obligatoire relatif à la défense nationale, structuré en 35 séances de 35 minutes", indique Christophe Blanchet, qui après réflexion et avoir envisagé un module spécifique, a plutôt fait le choix de "passerelles" entre un tel enseignement et les matières dites traditionnelles.

Instaurer une culture de la défense nationale à l'école

Estimant que "la défense nationale est l’affaire de tous", Christophe Blanchet souhaite ancrer cet apprentissage dans le temps scolaire. Afin de permettre à chaque jeune de comprendre la mission des armées, les conditions de la souveraineté et la place du citoyen dans la stratégie de défense, le député souhaite que, de la classe de 6e à la terminale, chaque matière puisse se saisir pleinement de ces enjeux.

"Peut-on parler de défense nationale en physique ? Évidemment, puisque ce sont des physiciens qui ont inventé la puissance nucléaire. L'étude de la vitesse de propulsion des missiles, de la sécurisation des réseaux électriques, c'est de la défense nationale", fait valoir le rapporteur auprès de LCP, appliquant la même démonstration à l'éducation physique, à l'histoire-géographie ou encore aux langues étrangères. Un enseignement transversal, particulièrement approfondi en cours d'enseignement moral et civique (EMC), qui reposerait sur les professeurs de l’Éducation nationale assistés ponctuellement par des réservistes citoyens et opérationnels.

A la question des éventuelles réticences du corps enseignant, Christophe Blanchet estime qu'elles n'ont pas lieu d'être, le Code l'éducation prévoyant déjà un "enseignement obligatoire" relatif aux "principes et à l'organisation de la défense nationale" au sein des établissements du second degré.

Une disposition qui est cependant peu appliquée, et si le député ne néglige pas une dimension "idéologique", il évoque également un manque de formation qui laisse trop souvent les enseignants en proie au désarroi. Son texte invite aussi à "créer les leviers au sein des établissements pour généraliser la présence de référents en matière de défense".

Réapprenons à aimer notre pays. La défense nationale c'est ce qui doit nous unir, quoiqu'il arrive. Christophe Blanchet, député Les Démocrates du Calvados

Il s'agirait aussi, au-delà du simple enjeu militaire, de sensibiliser les élèves à tous les risques inhérents à la guerre tels que les menaces hybrides, les enjeux de cybersécurité ou encore la sécurité des approvisionnements et des infrastructures critiques. "L'enseignement à la défense nationale, ce n'est pas dire aux jeunes : 'on vous prépare à faire la guerre', c'est créer une cohésion nationale derrière nos militaires pour les soutenir en cas de guerre", précise Christophe Blanchet.

Un moyen de "faire nation" selon le député, dans un environnement international chaque jour plus incertain et alors que "toute occasion de nous déstabiliser est une munition que l'on donne à nos adversaires". Le texte, qui a été adopté en commission sans les voix de la gauche, devrait être examiné jeudi soir dans l'hémicycle.