"N'importe qui plutôt que Mélenchon": l'ambassadeur d'Israël accusé d'ingérence après des commentaires sur la présidentielle

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Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France
Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France (© Complément d'enquête)
par Raphaël Marchal, le Vendredi 5 juin 2026 à 16:09

L'ambassadeur d'Israël en France est sous le feu des critiques après avoir pris position pour l'élection présidentielle. "Je préférerais que ce soit n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon", a dit Joshua Zarka dans une interview à Complément d'enquête diffusée jeudi soir.

Des condamnations unanimes. Au lendemain de la diffusion d'une interview de l'ambassadeur d'Israël en France sur France 2, plusieurs personnalités politiques ont accusé d'ingérence le représentant israélien après des commentaires sur l'élection présidentielle de 2027. "Je préférerais que ce soit n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon", a lancé Joshua Zarka au cours de l'émission Complément d'enquête.

"Le RN a changé", a-t-il également affirmé, interrogé sur sa rencontre discrète avec Marine Le Pen, la patronne des députés du RN, à la mi-avril. "Le Front national était un parti qui avait une tendance antisémite claire", a-t-il jugé. "Cela ne veut pas dire que nous soutenons la politique du Rassemblement national, [...] cela veut dire que nous parlons à tout le monde."

De vives réactions

Les déclarations de Joshua Zarka sur l'élection présidentielle ont été vivement critiquées sur X par des membres du camp insoumis, mais pas que. Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, y a vu une "ingérence étrangère revendiquée". "Dans une démocratie normale, les autorités françaises devraient réagir et condamner ce type de prises de position", a-t-il affirmé. Même son de cloche pour la patronne des députés LFI, Mathilde Panot : "Un ambassadeur en poste n'a pas à donner des consignes de vote. Encore moins de la part d’un homme qui défend le génocide du peuple palestinien."

Outre des personnalités insoumises, d'autres élus de gauche ont vilipendé la sortie de l'ambassadeur d'Israël. "Ingérence inacceptable de la part d’un ambassadeur", a réagi Olivier Faure. "Personne n’est surpris de voir un envoyé de Netanyahou assumer ses liens avec l’extrême droite française", a ajouté le premier secrétaire du PS. "L’internationale d’extrême-droite sait reconnaître les siens", a commenté sur le même ton le sénateur communiste Ian Brossat.

Jusque dans le camp présidentiel, les propos de Joshua Zarka ont fait des remous. "Il s’agit d’une ingérence manifeste dans notre vie politique intérieure, totalement inappropriée de la part d’un ambassadeur en poste en France et, dès lors, totalement inacceptable", a tancé l'eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau.