"Nous avons une position d'entrée dans les cathédrales qui n'est pas raisonnablement tenable", a estimé ce jeudi Philippe Bélaval lors d'une audition à l'Assemblée nationale. L'ex-président du Centre des monuments nationaux a déploré l'absence de recettes induite par l'entrée gratuite des touristes à Notre-Dame de Paris.
Faut-il faire payer l'entrée de Notre-Dame de Paris aux touristes ? Auditionné ce jeudi par la commission d'enquête sur la protection du patrimoine national et sur le cambriolage du Louvre, l'ex-président du Centre des monuments nationaux a relancé un débat initié par Rachida Dati en octobre 2024. Alors ministre de la Culture, elle avait proposé une barrière à l'entrée de 5 euros pour la visite de l'un des monuments les plus emblématiques de la France.
Le diocèse de Paris avait opposé à Rachida Dati le principe de gratuité dans les églises et les cathédrales, défendu par l’Eglise catholique en France en raison de sa "mission" d'accueil de tout homme et toute femme qui le désire. Le débat s'était poursuivi au cours des mois suivants, le pape François lui-même allant jusqu'à appeler à "accueillir généreusement et gratuitement" la foule de visiteurs attendus lors de la réouverture de la cathédrale en décembre 2024, à la suite de l'incendie survenu en 2019.
"Nous avons une position d'entrée dans les cathédrales qui n'est pas raisonnablement tenable", a estimé ce jeudi Philippe Bélaval. "D'autres pays voisins, y compris des pays de tradition catholique au moins aussi affirmée que celle de la France - comme l'Espagne ou l'Italie -, imposent des droits d'entrée pour la visite touristique des cathédrales. Pourquoi ne le faisons-nous pas ?", s'est interrogé l'ancien directeur général des patrimoines.
"Quand on pense qu'il y a douze millions de visiteurs à Notre-Dame de Paris, on voit quand même une évasion de recettes", a regretté Philippe Bélaval. "Cela permettrait une augmentation de recettes autrement que par l'octroi de subventions." Et de déplorer que seule Rachida Dati se soit emparée de la question du droit d'entrée de Notre-Dame parmi les derniers ministres de la Culture, "avec l'insuccès qu'on a connu".