À LA UNE / Aide active à mourir : le vote malgré les doutes
Mercredi 25 février 2026, les députés ont adopté, en deuxième lecture, deux propositions de loi : l'une sur l'accès aux soins palliatifs, portée par Annie Vidal (Ensemble pour la République), l'autre sur l'aide à mourir, défendue par Olivier Falorni (MoDem). Le premier texte, adopté à l'unanimité, vise à contraindre l'État à garantir le déploiement des soins palliatifs sur tout le territoire, alors que dix-huit départements n'en disposent toujours pas. Le second, plus clivant, légalise l'aide active à mourir. Il prévoit cinq conditions cumulatives pour y avoir accès : être majeur, français ou résident en France, atteint d'une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée ou terminale, être apte à exprimer une volonté libre et éclairée, et souffrir physiquement ou psychologiquement de manière réfractaire aux traitements ou jugée insupportable. Le texte a été adopté avec 299 voix pour et 226 voix contre. Les textes seront à nouveau transmis au Sénat pour une seconde lecture. Pourquoi l'adoption de l'aide active à mourir marque-t-elle un changement sociétal majeur ?
Invités :
Olivier Falorni, député « Les démocrates » de Charente-Maritime
Frédéric Dabi, directeur général opinion du groupe IFOP
Docteur Valérie Mesnage, neurologue, co-fondatrice du collectif « Pour un accompagnement soignant solidaire »
Chroniques :
« Les off de Lou » par Lou Fritel
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Fraude sociale : haro sur les plus modestes ?
Un projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales est examiné à l'Assemblée nationale jusqu'au vendredi 27 février : adopté au Sénat en novembre 2025, le texte a été érigé en priorité par le gouvernement. Sur les 14 milliards d'euros de fraudes sociales estimés en 2025, le gouvernement espère récupérer 1 à 2 milliards à court terme. De nouveaux moyens de détection des fraudes, sanctions et obligations renforcées, partage d'informations amélioré dans les administrations sont présentés : France Travail, par exemple, pourrait suspendre les allocations chômage d'un demandeur d'emploi dès la suspicion d'une fraude, donc sans attendre la fin de l'enquête si des indices sérieux sont collectés. La gauche sénatoriale avait de son côté critiqué la philosophie du texte, regrettant que le volet social soit, selon elle, ciblé prioritairement par rapport au volet fiscal. Ce projet de loi prévoit aussi la possibilité pour la Sécurité sociale de croiser ses données avec celles du fisc pour mieux repérer le travail au noir. Comment lutter efficacement contre la fraude sociale ?
Invités :
Patrick Hetzel, député « Droite Républicaine » du Bas-Rhin
Louis Boyard, député « La France Insoumise » du Val-de-Marne
Frédéric Bizard, professeur d'économie à l'ESCP, Président de l'Institut Santé
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.