À LA UNE / Lenteurs de la justice : une loi pour les victimes
Mardi 17 février 2026, Gérald Darmanin, qui s'apprête à déposer un projet de loi destiné à réduire les délais d'attente dans les tribunaux, a reçu plusieurs victimes au ministère de la Justice. Toutes attendaient une date d'audience depuis des années. Depuis près d'un an, le Garde des Sceaux prépare un projet de loi baptisé SURE « sanction utile, rapide et effective ». Alors que les affaires de viol sont jugées en moyenne après six ans et les crimes de sang après huit ans, environ 6 000 dossiers attendent aujourd'hui une date d'audience. Le texte prévoit plusieurs mesures pour fluidifier les procédures : la création d'un plaider-coupable pour certaines infractions sexuelles lorsque l'accusé reconnaît les faits et que la victime y consent, la multiplication des cours criminelles départementales afin d'en avoir autant que de tribunaux, la réduction du nombre de magistrats professionnels siégeant ainsi que la possibilité de confier les appels aux cours criminelles plutôt qu'aux cours d'appel. Par ailleurs, un « portail du justiciable » permettrait aux victimes de s'informer sur l'état d'avancement des dossiers. Ces mesures pour remédier aux lenteurs du système judiciaire sont-elles pertinentes ?
Invités :
Bertrand Périer, avocat à la Cour de cassation et au Conseil d'État
Manon Lefebvre, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature
Olivia Dufour, journaliste, essayiste, responsable du site « Actu juridique », autrice de « Justice, une faillite française ? » (Lextenso éditions)
« Le mot du jour » : VICTIME par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Taxation des petits colis : une mesure vraiment efficace ?
Après l'Italie, la France instaure à son tour, à compter du 1er mars, une taxe de deux euros sur les « petits colis », d'une valeur inférieure à 150 euros, en provenance de pays hors Union européenne. Cette mesure vise à contrebalancer la concurrence des géants asiatiques de l'e-commerce tels que Shein, Temu, ou encore AliExpress. En quelques années le flux d'articles expédiés depuis le continent asiatique est devenu massif en France : plus de 826 millions d'articles y ont été importés en 2025, contre 175 millions seulement en 2022. Précisément, la taxe s'appliquera non pas à chaque colis, mais à chaque catégorie d'articles qu'il contiendra. Il s'agit d'une mesure transitoire, censée prendre fin au plus tard en décembre 2026, dans l'attente de la mise en place d'une taxe similaire au niveau européen. Pour Henri Isaac, maitre de conférences et spécialiste de l'économie digitale, qui craint un effet marginal : « la taxe ne va pas fondamentalement modifier la structure de prix de ces e-commerçants qui s'appuie d'abord sur les coûts de production chinois, extrêmement bas ». Cette nouvelle taxe réduira-t-elle les achats en ligne ?
Invités :
Daniel Labaronne, député « Ensemble Pour la République » d'Indre-et-Loire
François Kalfon, député européen socialiste
Grégory Caret, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'UFC-Que Choisir
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.